Kellian Motta Paes, passeur et leader à 20 ans du Paris Volley

Kellian Motta Paes (à gauche) était encore remplaçant la saison dernière à Paris, aux côtés de l'Argentin Nicolas Mendez et de l'Autrichien Mathaus Jurkovics. (Sy. Thomas/L'Équipe)

Fils de volleyeurs et entraîneurs, Kellian Motta Paes mène, à 20 ans, le Paris volley à la passe, peaufinant inlassablement ses qualités naturelles de leader.

Son nom respire le volley. Son prénom est en passe de s'y faire une place. À 20 ans, Kellian Motta Paes a pris les commandes du Paris volley, qui reçoit samedi soir Chaumont, le leader du Championnat. Sur le terrain, du moins, en tant que passeur titulaire, pour sa deuxième saison professionnelle. « L'idée était de progressivement lui donner de l'espace, et au fur et à mesure de la saison dernière, on s'est dit que c'était le moment de passer un cap dans son développement, de lui donner les clés de l'équipe », raconte Dorian Rougeyron, l'entraîneur des Parisiens. Qui a lui-même succédé, en 2011... à Mauricio Motta Paes.


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Actuellement sur le banc de Tourcoing, le père de Kellian compte notamment huit titres de champion de France, avec Paris (2006-2011) et Tours (2011-2015), sur des terrains que le jeune passeur a foulés dès ses premiers pas. Avec une mère, Maguy, également ancienne joueuse et coach, Kellian Motta Paes, comme ses soeurs Loane, 22 ans, pensionnaire de Marcq-en-Baroeul la saison dernière, et Thianne, 18 ans, a toujours baigné dans le volley, jusqu'aux conversations parentales à table dont il ne perdait pas une miette.

Un avantage pour pouvoir s'imposer. « Cette envie d'être un leader est en moi naturellement, mais je l'ai peaufinée », concède le Parisien, rodé aux responsabilités depuis ses années de formation, troquant son poste de réceptionneur-attaquant à 17 ans pour celui de passeur, plus adapté à son 1,90 m. Il lui a d'abord fallu canaliser son énergie, travailler avec une préparatrice mentale. « J'ai compris que pour être capable de dire quelque chose à quelqu'un, il fallait être exemplaire, gérer sa frustration, explique-t-il. C'est une discipline que mon père m'a inculquée et a été affinée au CNVB (le centre national de formation). Un leader n'est pas seulement celui qui amène de l'énergie, c'est aussi celui que l'on va écouter quand il parle, parce qu'il est responsable, il est là quand il faut aller en muscu le dimanche matin, il vient s'étirer, faire les soins... C'est ce qui crée le personnage. »

Après une courte pige en équipe de France, juste après les Jeux de Tokyo, son expérience de capitaine de l'équipe de France des moins de 22 ans l'été dernier, où il a mené les Bleuets en finale de l'Euro, au côté de son compère parisien Ibrahim Lawani, a ouvert son horizon. « Il était en mission, remarque le paternel, qui regarde tous les matches de son fils, dans le cas où il aurait besoin d'un conseil. Cet été l'a préparé, lui a permis d'évoluer mentalement et émotionnellement pour affronter une saison avec Paris. »


Passeur moderne

Face à Chaumont et son capitaine Raphaël Corre, troisième passeur des Bleus l'été passé, Kellian Motta Paes enfilera son costume de pilote de quelques vieux briscards, dont les internationaux argentins Alexis Gonzalez, 42 ans, et Nicolas Mendez, 30 ans. « Mes partenaires voient que je suis assidu et discipliné, ils ne me considèrent pas comme le petit jeune qui arrive », assure ce grand admirateur du passeur brésilien Bruno Rezende.

Que pourrait-il rester à apprendre à ce passeur moderne, que l'expérience d'attaquant amène à servir et contrer fort ? « Tout et rien, résume Rougeyron. Il est bien et peut évoluer dans tous les domaines. Son plus gros progrès : il avait tendance à confondre rigueur et autoflagellation, il arrive désormais à prendre conscience que l'échec fait partie du développement. » Kellian Motta Paes est désormais attendu sur sa capacité à enchaîner les matches à pression toute une saison.