Kendra Cocksedge rêve d'un dernier titre avec la Nouvelle-Zélande avant sa retraite

Kendra Cocksedge face aux Bleues, en novembre 2021. (N. Luttiau/L'Équipe)

La demie de mêlée des Black Ferns Kendra Cocksedge, opposée à la France samedi en demi-finale (7h30), prendra sa retraite après la Coupe du monde. Mais avant cela, elle espère bien mener une dernière fois la Nouvelle-Zélande sur le toit du monde, à domicile.

Elle n'a pas le même talent offensif que Ruby Tui, ou la même aura que Portia Woodman. Mais Kendra Cocksedge incarne peut-être mieux qui quiconque le visage de la sélection néo-zélandaise. Joueuse la plus capée de l'histoire des Black Ferns (66 sélections), la demie de mêlée a débuté sa carrière internationale à une autre époque, en 2007. Elle avait seulement 19 ans.

Aujourd'hui, Cocksedge est l'une des patronnes d'un groupe néo-zélandais en mission. Pour sa dernière aventure, puisqu'elle a décidé de raccrocher les crampons à l'issue de la compétition, la générale kiwie entend bien mener ses troupes vers un succès historique à la maison. Sur les cinq couronnes mondiales déjà obtenues par la Nouvelle-Zélande, Cocksedge en a porté deux, en 2010 et 2017.


Un rôle clé dans le dispositif néo-zélandais

« C'est une grande joueuse avec une immense carrière, souffle Pauline Bourdon, qui lui fera face samedi lors de la demi-finale à l'Eden Park. C'est une fille inspirante, qui a une très bonne vision du jeu et qui emmène fort son équipe. En Nouvelle-Zélande, elle a marqué les esprits. J'espère pour nous que sa carrière s'arrêtera dès samedi (rires). »


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Si Cocksedge n'est pas la joueuse la plus impressionnante offensivement, elle joue un rôle clé dans le dispositif néo-zélandais grâce à son éjection de balle très rapide qui permet aux trois-quarts d'avoir un temps d'avance sur les défenses, mises à mal et resserrées par le paquet d'avant dans l'axe. « C'est leur maître à jouer, abonde Alexandra Chambon, demie de mêlée remplaçante des Bleues. Elle anime bien et met beaucoup de vitesse. C'est contre ce genre de vis-à-vis qu'on a envie de jouer. »


Meilleure joueuse de l'année en 2015

Désignée joueuse de l'année en 2015, Cocksedge (34 ans) n'a pourtant pas toujours eu cette facilité apparente à gouverner le jeu de ses équipes. Cantonnée pendant de longues années au statut de remplaçante en sélection, elle a toujours entendu les critiques revenir sur sa taille (1,57 m) et les doutes pleuvoir sur sa capacité à hausser son niveau physiquement.

« J'avais vraiment envie de prouver aux gens qu'ils avaient tort et cela m'a fait travailler plus dur pour devenir la meilleure joueuse possible, a-t-elle expliqué au New Zealand Herald. Je n'allais laisser personne m'empêcher de jouer au jeu que j'aime. Mais j'ai aussi dû faire taire cette voix dans ma tête et me dire de ne pas m'inquiéter de ce que pensent les autres. »


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Au musée du rugby à côté d'Aaron Smith

Cette détermination l'a amené jusqu'au sommet, et aujourd'hui, plus personne n'ose remettre en question son travail. À Auckland, son visage s'affiche en grand au musée du rugby néo-zélandais, à côté de ceux des All Blacks Aaron Smith ou Sam Whitelock. Son charisme et sa lecture du jeu ont même poussé le sélectionneur Wayne Smith à penser qu'elle deviendra entraîneure après sa carrière de joueuse.

Avant de penser à cela, Cocksedge veut d'abord bien finir l'histoire de sa première vie. Il y a quelques mois, elle faisait part de ses doutes quant à la capacité des Black Ferns à rebondir après la désastreuse tournée de novembre l'an passé, ponctuée par quatre lourdes défaites contre l'Angleterre (43-12, 56-15) et la France (38-13, 29-7). Depuis, les Black Ferns ont gagné leurs neuf derniers matchs, et affichent l'une des attaques les plus terrifiantes du Mondial (209 points et 35 essais en quatre matches).

« En janvier, j'étais vraiment inquiète pour cette équipe, reconnaît Cocksedge. Lors de la réunion juste avant le début de la Coupe du monde, on a pu constater le long chemin parcouru depuis. On me demande souvent si nous allons réussir à combler le fossé avec l'Angleterre et la France. Et je crois à 100 % que nous allons le faire. » La numéro 9 et ses coéquipières auront l'occasion de le prouver dès samedi face aux Bleues à l'Eden Park.


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