Kentin Mahé avant le quart de finale du Mondial : « C'est toujours très tendu » contre l'Allemagne

Kentin Mahé a débuté sa carrière pro en Allemagne (A. Martin/L'Équipe)

Pour le demi-centre français Kentin Mahé, marié à une Allemande, ce quart de finale du Mondial, mercredi (20h30) en Pologne, revêt un parfum particulier.

« Vous avez grandi en Allemagne, votre femme est allemande, vos deux enfants y sont nés. Ce quart de finale, mercredi à Gdansk (20h30), a donc une saveur particulière pour vous ?
Oui, je ne peux pas nier que ce match est un peu spécial à titre personnel. Ma belle famille sera à fond devant le match mais elle m'a dit qu'elle serait derrière moi, ça me soulage (rire). Les France-Allemagne sont quand on regarde l'historique, plutôt en notre faveur ces derniers temps, sauf sur le match de préparation avant l'Euro 2022 (à huis clos pour cause de pandémie). C'est toujours très tendu.

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On se rappelle de la demi-finale mondiale en 2007, à Cologne, avec ce but injustement refusé à Michael Guigou au bout de la prolongation et la défaite de la France (32-31)...
J'avais la chance d'être dans les tribunes avec mes parents (dont son père Pascal Mahé, champion du monde en 1995, était alors entraîneur à Dormagen où Kentin a débuté sa carrière pro). J'étais gamin (15 ans), il y avait tellement d'émotion, d'engouement que je n'avais pas trop suivi le déroulé du match et la manière dont ça s'était passé. Mais ça reste un grand moment.

Quelle est la clé contre l'Allemagne ? Neutraliser leur demi-centre Juri Knorr ?
C'est un protagoniste de cette équipe, il utilise très bien le ballon, avec efficacité. Mais il y a du déchet, c'est normal quand tu as autant de ballons mais à son âge (22 ans) être aussi efficace, peser autant sur un match c'est assez impressionnant. C'est une étoile montante du hand allemand. Aujourd'hui, l'équipe d'Allemagne dépend beaucoup de sa performance. Mais je ne pense pas qu'on puisse vraiment éteindre un joueur comme ça, il aura des moments de gloire qu'il va falloir limiter le plus possible. Il faudra aussi faire en sorte que les tirs qu'il prend normalement, ce soient les autres qui les prennent. Pour essayer de les piéger.

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Comment fait-on, après deux phases initiales avec des adversaires de niveau très disparate, pour switcher sur un match où on n'a pas le droit à l'erreur ?
On s'y est préparé. On a gagné tous nos matches depuis le début de la préparation (le 26 décembre, 8 matches, 8 victoires, 2 en préparation, 6 sur 6 dans ce Mondial) . On essaie d'aborder tous nos matches avec beaucoup de sérieux. On l'a vu contre l'Espagne (dimanche, 28-26, alors que les deux équipes étaient déjà qualifiées pour les quarts), on aurait pu se relâcher, on était à -3, on a réussi à revenir alors que ce n'était pas un match qualificatif. On a l'expérience pour garder la tête froide. Il y aura des moments où on sera moins bien, mais ça fait partie du jeu.

Si la Suède perd en quarts contre l'Égypte, et que vous gagnez contre l'Allemagne, vous pourriez finalement jouer la demi-finale à Gdansk et pas à Stockholm. Qu'en pensez-vous d'avoir à voyager ou pas la veille d'une éventuelle demi-finale, vendredi ?
C'est du n'importe quoi. Je pèse mes mots. Paradoxalement, sur une fin de compétition, les équipes auraient besoin de plus de temps de récupération, c'est là où on en a le moins. Donc ce n'est pas logique. »

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