Kevin Gameiro : "Que voulez-vous que j'aille faire à Barcelone ?"

Dans une longue interview accordée au journal L’Équipe ce samedi, Kevin Gameiro raconte comment son départ en Espagne en 2013 a changé son jeu et sa façon d’être sur le terrain.

Kevin Gameiro s’éclate en Espagne et à l’Atlético de Madrid.

 

Débarqué à l’Atlético de Madrid cet été en provenance du FC Séville, Kevin Gameiro se régale dans la capitale espagnole (35 matches, 12 buts). Sur son parcours espagnol, il explique comment celui-ci lui a appris « à moins me disperser dans mes déplacements. Je sais gérer les temps où je dois souffler dans un match, ce qui me permet de prendre les bonnes décisions quand je vais vers le but ». Ses progrès, comme il le dit lui-même, sont surtout sur le plan physique : « Je ne me fait plus bouger comme avant ».

Si son arrivée à Madrid lui a permis de valider sa progression, cela lui a également réouvert les portes de l’équipe de France. Une sélection qu’il n’avait plus connu depuis 2012. Cette saison il a marqué à deux reprises en cinq matches avec les Bleus (13 sélections, 3 buts). Un retour favorisé par son entente avec Antoine Griezmann. Une complicité que l’ancien lorientais ne s’explique pas : « C’est venu instinctivement. J’ai connu le même type de relation à Lorient avec Marama Vahirua et Morgan Amalfitano : tu n’as pas besoin de leur parler parce que tu sais déjà où ils vont se placer et où ils veulent recevoir le ballon. »

Au PSG, il a accepté son sort

À 29 ans, l’attaquant a mûri et prend désormais ses responsabilités comme lors d’un penalty raté contre Barcelone en Coupe du Roi. Il fait alors un parallèle sur sa situation au PSG. « Peut-être qu’à Paris, je ne les prenais pas assez, et c’est ce qui m’a bouffé. À Séville, j’ai compris les choses. Je me suis dit : “T’arrives dans un autre pays, prends tout ce qu’il y a à prendre.” Séville, c’est là où j’ai le plus montré mon caractère. Même si, lors des deux premières saisons, j’étais souvent remplaçant, je n’acceptais pas ce sort. Alors qu’à Paris, je ne l’acceptais pas plus, mais j’ai lâché l’affaire. »

Le natif de Senlis (Oise) est arrivé au début de l’ère qatarie et a disputé deux saisons à Paris pour 77 matches et 23 buts. Barré par l’imposant Zlatan Ibrahimovic, il a rapidement compris  qu’il ne serait que remplaçant : « Le tournant, c’est le match retour contre Valence (1-1, le 6 mars 2013), en huitièmes de finale de Ligue des champions. Ibrahimovic était suspendu, et en voyant que je n’étais pas titulaire, ça m’a fait très, très mal. A partir de ce jour, j’ai lâché ». Il est donc parti en Espagne où il a découvert l’actuel entraîneur parisien, Unai Emery. « C’est lui qui m’a demandé de travailler beaucoup en dehors des entraînements. Ce que je ne faisais pas du tout. Je n’étais pas un bosseur comme ça ».

L’Atlético plutôt que Barcelone

Fort de trois Ligue Europa remportées consécutivement avec Séville, Kevin Gameiro s’est donc engagé avec l’Atlético de Madrid à l’été 2016. Pourtant, le FC Barcelone voulait le faire venir en Catalogne. Un club qui en ferait rêver plus d’un, mais pas lui : « J’avais le choix entre aller au Barça ou venir à l’Atlético. Mais que voulez-vous que j’aille faire au Barça ? Il y a Neymar, Messi et Suarez. Il y a des joueurs comme ça qui veulent jouer tous les matches, qui refusent de sortir même à dix minutes de la fin. Avec Ibra, c’est ce qu’il s’est passé. Il avait faim et, en plus, il était performant sur le terrain ».

L’attaquant semble désormais parti pour s’installer durablement chez les Bleus avec qui il a de grandes chances de disputer la Coupe du Monde 2018. Auparavant, il a une demi-finale de Ligue des Champions à disputer contre le Real Madrid.

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