Kevin Mayer, champion du monde à Eugene : « J'essaie juste de me donner les moyens de revivre ce bonheur »

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Kevin Mayer, champion du monde à Eugene : « J'essaie juste de me donner les moyens de revivre ce bonheur »
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Champion du monde du décathlon pour la seconde fois de sa carrière dans la nuit de dimanche à lundi à Eugene, le Français savourait le moment après une année compliquée par des blessures.

Après avoir profité d'un podium face à son clan et une tribune encore remplie pour les dernières cérémonies de ces Mondiaux, Kevin Mayer, champion du monde du décathlon pour la deuxième fois, s'est présenté en zone mixte, pieds nus évidemment, mais avec les yeux brillants de l'homme heureux et comblé.

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« Quelles sont vos premières impressions après ce deuxième titre mondial ?
Je l'avais annoncé (le podium) hier (samedi) mais je n'y croyais pas énormément. Je n'avais pas de repères sur la deuxième journée. J'étais confiant sans l'être. À chaque épreuve, c'était une énorme pression car je n'avais que deux mois de préparation. On ne prépare pas un décathlon comme ça. Je n'ai pas couru pendant trois mois avant de reprendre. Je n'avais pas fait de compétitions. À chaque épreuve que je n'avais pas préparée (400 m, hauteur), c'était compliqué. J'étais dans un gouffre mais, à chaque fois que je m'élançais, la confiance revenait et je faisais ce que je savais faire. C'est une énorme fierté de réussir dans ces conditions-là.

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À la perche, je n'y croyais plus avant le troisième essai (il est passé au 3e à 5 m pour sa première barre). Ce sont des moments où il faut profiter. C'est un putain de travail d'équipe. Je voudrais remercier mes proches, ma copine qui m'a massé pendant les deux jours, les kinés, mon frère, Alexandre (Bonacorsi, son entraîneur), Romain (Barras, le directeur de la haute performance à la FFA) qui est mon grand frère du décathlon. Cette ambiance dans l'équipe de France qui était vraiment cool. C'était l'enfer d'un point de vue de l'attente et de la pression mais l'ambiance de l'équipe de France, de mes amis et entre les autres décathloniens, m'a fait tenir.

Est-ce que ce titre est plus fort que celui de Londres en 2017 ?
C'est une question difficile. Je fais un meilleur score donc on peut dire oui (8 816 pts à Eugene contre 8 768 pts en 2017). Mais en même temps, ce que j'ai bien aimé, c'est qu'à Londres, j'avais aussi failli faire zéro à la perche mais après, je n'avais passé aucune barre. Là, j'ai su me remobiliser, j'ai fait douze essais dans un déca, c'est assez rare. Pour être honnête, j'ai tout fait pour ne pas avoir à "courir" le 1 500 m. Je n'avais fait que deux séances dans l'année. Je ne savais pas ce que je valais. Quand tu ne sais pas si tu vas craquer, ce n'est pas facile. Je n'ai pas pris beaucoup de plaisir dans les épreuves mais j'en ai pris au 1 500 m comme au disque, à la perche et au javelot. Plus c'est dur, plus l'ascenseur vers la gloire est incroyable. Aujourd'hui... (il souffle), je suis double champion du monde. Je suis content d'apporter de la visibilité au décathlon, ce sport le mérite.

« Quand je fais des médailles, je suis sur un nuage pendant mille ans. J'essaie juste de me donner les moyens de revivre ce bonheur. Ce plaisir, c'est tout ce qu'on peut espérer dans une vie. »

Quel goût a cette médaille ?
Je m'en fous de doubler ou de tripler. Je vois chaque compétition comme une condition de mon bonheur car je sais que j'adore m'entraîner, je sais que j'adore être prêt et pouvoir m'exprimer en Championnat. Quand je fais des médailles, je suis sur un nuage pendant mille ans. J'essaie juste de me donner les moyens de revivre ce bonheur. Ce plaisir, c'est tout ce qu'on peut espérer dans une vie. Je suis conscient de la chance que j'ai. J'en profite chaque jour car je sais que j'ai trente ans, que ça ne durera pas toute la vie, même si j'espère avoir une belle longévité.

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On vous a senti ému sur le podium.
Ç'a été une année vraiment très compliquée. Après les Jeux, j'ai vite réglé mon dos. Après j'ai fait les deux vaccins, je ne suis pas du tout antivaccin et tout ça, mais j'ai senti mes tendons d'Achille à partir de là. Je les sens toujours mais j'ai su les gérer pour reprendre la course au bout de sept mois. Quand on est autant au pied du mur et qu'en deux mois on fait tout ce qu'il faut et qu'on y arrive, c'est une pente ascendante dans la tête. Je suis premier, ce n'est pas comme l'année dernière. J'ai toujours admiré les légendes en France, les Teddy Riner, (Zinédine) Zidane, Martin Fourcade. Je ne me mets pas sur le même pied qu'eux mais j'aimerais être une légende un jour et ça passe par là.

Qu'est-ce qui vous anime pour les prochains mois et années ?
Je veux toujours me faire plaisir et c'est le cas aujourd'hui à l'entraînement même quand je suis blessé. Cette envie de progresser, d'améliorer son corps, qu'il soit en bonne santé chaque jour, c'est quelque chose qui me plaît. Je ne m'ennuie jamais, même blessé, je ne suis jamais déprimé. Les Japonais disent qu'il faut trouver son Ikigai dans la vie. Je l'ai trouvé un peu tôt. Le Ikigai c'est quelque chose qui te comble dans tous les domaines. »

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