Kitesurf - Riding to Explore, le kitesurf au service de l'écologie

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Sur les lacs des Alpes, des Andes et de l'Himalaya, Armelle Courtois et Martin Thomas ont filmé les dégâts de la fonte des glaciers, entre 4 500 et 5 000 mètres. Le tout en kitesurf.

Au téléphone, la voix d'Armelle Courtois se dérobe en fin de phrase, laissant place à de violentes quintes de toux. « À cause de l'effort en haute altitude, mes poumons sont encore abîmés », révèle-t-elle. Et pour cause, la jeune femme revient des hauteurs de l'Himalaya, dans lesquelles elle a fait du kitesurf sur les lacs glaciaires.

Cette étape était la dernière de son projet, Riding to Explore. Lancée l'été dernier en compagnie de Martin Thomas, canoéiste de haut niveau, l'aventure recouvre plusieurs objectifs. « On voulait se lancer un défi extrême pour sortir de ce qu'on fait en compétition, explique la championne du monde en kitesurf de vitesse. Kiter sur les lacs aussi hauts, c'est une première mondiale. En plus de cela, on voulait mettre notre sport au service d'une cause environnementale. »

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Sur des plans d'eau, entre 4 500 et 5 000 mètres, les plus hauts du monde, le binôme vogue pour sensibiliser au réchauffement climatique. « Quand on a commencé à kiter sur les montagnes, certains lacs n'étaient pas sur les cartes, raconte Courtois. Ce sont les locaux qui nous ont expliqué que c'était lié à la fonte des glaces, qu'il y a dix ans, on pouvait marcher avec des crampons sur ces lacs ». De là, le duo se rapproche d'associations, de scientifiques et décide de relayer ce phénomène sur le grand écran.

Les athlètes ont alors pour objectif de faire un film regroupant trois expéditions : dans les Alpes, les Andes et l'Himalaya. Mais, conditions sanitaires oblige, le programme est chamboulé et les étapes à l'étranger sont impossibles. L'été dernier sort donc un premier film de 32 minutes, actuellement en festival, contant les expéditions dans les Alpes du tandem. « C'était un galop d'essai sur 15 jours, sourit la jeune femme. On avait deux réalisateurs et un ami pour le matériel et c'est tout ». Des moyens bien éloignés de ceux déployés pour l'expédition dans l'Himalaya.

Avec un mois pour tourner dont cinq jours d'acclimatation à l'altitude, pas question de perdre du temps. Le binôme était cette fois accompagné d'une caravane de dix chevaux et leurs deux muletiers, un guide de haute montagne ainsi que deux cuisiniers. Sans compter le réalisateur et les cadreurs qui aidaient à porter leur matériel mais aussi les affaires de survie élémentaires.

Si les longues marches d'approche étaient donc déjà très intenses, elles n'ont rien à voir avec l'effort produit pendant le kiting. « Une fois qu'on s'envole, on ne peut plus rien contrôler, souligne la kitesurfeuse. Si on est épuisés, il faut serrer les dents. On ne peut pas faire de pause comme en alpinisme. C'est du jamais-vu ou presque une activité aussi intense sans interruption aussi haut ». Pour minimiser au maximum les dangers, le duo a d'ailleurs dû passer une lourde batterie de tests d'effort à l'Insep avant son départ.

Des spots compliqués à appréhender
Les risques étaient tout de même nombreux, sur des spots pas adaptés à la pratique du kitesurf. Avec notamment un vent capricieux, qui peut tourner en quelques minutes, mais surtout des environnements propices à l'accident.

« Il y a des parois rocheuses, parfois des icebergs sur les spots ou il y a tellement de sédiments qu'on se retrouve englués jusqu'au genou », détaille Courtois. Heureusement, aucun bobo n'est à déplorer et, malgré des prévisions météo défaillantes, la nouvelle actrice est « ravie » des images tournées.

De retour en France depuis quelques jours, cette « amoureuse de la montagne et de la mer » comme elle se décrit n'a pas encore de dates précises pour la sortie de son deuxième long-métrage. Mais la ligne directrice de ce deuxième documentaire, cette fois de 52 minutes, sera la même que pour le premier.

« L'idée n'est pas de faire une leçon de morale sur les dérives écologiques, rassure la lanceuse d'alertes. On veut sortir de la morosité et du pessimisme qu'on peut retrouver sur ce genre d'initiatives. Le but c'est de produire de belles images, de montrer que ça craint mais qu'il y a encore de belles choses à sauver. »

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