Kvyat : Le podium a prouvé que "je n'étais pas revenu pour rien"

Emmanuel Touzot
motorsport.com

Dire que la carrière de . S'est ensuivie une longue descente aux enfers jusqu'à son licenciement avant le terme de la saison 2017, et la fin de toute collaboration avec Red Bull.

Mais le Russe a eu une deuxième chance quand Toro Rosso l'a rappelé pour disputer la saison 2019, et il l'a parfaitement exploitée en allant chercher en Allemagne le premier podium de l'équipe depuis 2008. S'il ne veut pas trop repenser au passé, il est fier de ce qu'il a accompli mais vise toujours plus, et ne cache pas qu'il a pris un risque en effectuant son retour l'année dernière. Avant d'accepter les termes fixés par Marko, il a tenu à s'assurer qu'il était prêt à reprendre la F1.

"C'est toujours intéressant de regarder en arrière, de repenser à certaines choses. Mais désormais le passé c'est le passé, ça n'a pas de sens de trop y penser", a déclaré Kvyat à Motorsport.com. "J'en veux toujours plus, je veux toujours faire mieux. J'abordais donc ce championnat [2020] en espérant faire 22 courses, et tout a un peu changé, alors on verra comment tout cela va évoluer. Jusqu'à présent, cela a été intéressant, et comme je l'ai dit il y a eu des podiums, de belles courses, mais je cours encore après ma première victoire et le titre."

Faire défiler pour accéder au contenu
Annonce

Lire aussi :

Kvyat : "Trop d'incertitude" pour prévoir 2020 ou penser à 2021

"Bien entendu, il y a beaucoup de responsabilité parce qu'il y avait aussi le risque de tomber encore plus bas [en 2019], alors avant de lui parler j'y ai beaucoup réfléchi", a-t-il poursuivi en évoquant son échange avec Helmut Marko. "Je me suis demandé si j'étais prêt pour une autre chance après tout ce qui s'était passé. Puis on s'est parlé et j'ai été assez convaincant pour lui. Et puis ils étaient dans une situation où ils avaient besoin de quelqu'un d'expérience et j'étais là, prêt à faire mon travail, et au final lui et moi avons eu raison de me faire revenir."

Kvyat avait connu des débuts en F1 plutôt positifs en 2014 pour sa première saison chez Toro Rosso, et admet qu'y revenir cinq ans plus tard, échaudé par son expérience difficile, n'a pas aidé à instaurer un climat de confiance pour entamer la deuxième partie de sa carrière dans la catégorie reine. Il a attendu le premier Grand Prix de l'année pour être rassuré et en tire tout de même un bilan globalement positif.

"Étrangement, cela a été en quelque sorte plus compliqué ! Parce que je me posais beaucoup de questions, il y avait beaucoup d'ombres du passé et ça n'était pas facile de tout laisser derrière. Après la première course j'ai compris que tout allait bien, je me suis un peu détendu, et ensuite le reste de la saison s'est un peu mieux passé. Ça a quand même été une saison avec des hauts et des bas, comme c'est souvent le cas dans une équipe de milieu de plateau, mais le bilan a été plus positif."

"Toro Rosso méritait de ma part plus qu'une bonne course"

Après deux podiums conquis avec Red Bull en 2015 et 2016, le Russe en a ajouté un troisième à son palmarès pour l'équipe italienne, et il considère que cette troisième place a justifié son retour en F1. De plus, il voulait offrir un bon résultat à son employeur, qui le méritait selon lui : "En soi, un podium est un bon résultat, surtout pour Toro Rosso. Pour nous, c'était un super résultat et à ce moment-là je me suis dit que je n'étais pas revenu pour rien."

Lire aussi :

C'était un 19 avril : Vettel offre enfin la victoire à Red Bull

"Cela a été un résultat spécial, c'était spécial d'offrir cela à une équipe à laquelle je tiens beaucoup. C'est une équipe qui méritait de ma part un peu plus que juste une bonne course, je voulais leur donner une course extraordinaire. J'y suis arrivé et ce jour-là il était donc très important pour moi de voir le bonheur sur les visages de toute l'équipe, de Franz [Tost]. Je me suis un peu racheté en les récompensant pour toutes les courses qui n'avaient pas été tellement bonnes."

Son meilleur résultat de l'année 2019 a été accompagné d'un autre heureux événement pour lui, puisqu'il a eu son premier enfant lors du même week-end. Il est allé voir sa fille le dimanche soir après la course et était tout aussi ravi que fatigué : "Je me suis réveillé à l'hôpital avec ma fille ! Je n'avais donc pas beaucoup dormi, mais j'étais heureux pour deux raisons : la naissance de ma fille et le podium la veille. Ces deux jours-là ont été assez chargés, très heureux, et j'ai peu dormi !"

Propos recueillis par Roberto Chinchero

À lire aussi