Léo Bergère sacré champion du monde après son succès à Abu Dhabi

Après une course magistrale et un scénario rêvé, Léo Bergère est devenu champion du monde de triathlon WTCS ce dimanche en s'imposant à Abu Dhabi tout en profitant des contre-performances d'Alex Yee et Hayden Wilde. C'est le deuxième Français de l'histoire à décrocher ce titre dans ce format après Vincent Luis.

Pour qu'un scénario soit parfait, il vaut mieux réaliser un film que faire du sport. Ce samedi, pourtant, dans le désert d'Abu Dhabi, Léo Bergère a été l'acteur majeur d'un blockbuster. Troisième avant cette Grande Finale, conclusion de la saison de World Triathlon Championship Series (WTCS), le Français a remporté sa première victoire, tout en profitant de la quatrième place d'Alex Yee et la sixième d'Hayden Wilde, les favoris pour le titre mondial (4 meilleurs résultats de la saison + la Grande Finale), pour décrocher un titre qui semblait bien loin au départ de la course.

D'ailleurs, ce samedi, Bergère, déjà champion d'Europe cet été à Munich, pensait probablement juste à faire la plus belle course possible, lui qui n'avait jamais levé les bras au niveau mondial. Mais comme souvent cette saison, la machine bleue, bien emmenée par Vincent Luis, se mettait en route dès la natation pour trouver l'ouverture avec un groupe de 9 s'échappant à vélo (Luis, Bergère, Le Corre, Jonathan Brownlee et Henry Schoeman, notamment) et qui a compté jusqu'à 1'd'avance sur les favoris (Yee, Wilde, Blummenfelt et Geens). Le scénario avait déjà fière allure, une chute ralentissant encore la chasse du peloton. Mais comme souvent en triathlon, les derniers kilomètres à vélo permettaient un rapproché et, au moment de poser les vélos, le groupe de tête n'avait qu'une trentaine de secondes d'avance.

Une course contre le tempsParti pour parti, Bergère n'avait d'ailleurs plus aucune autre solution pour espérer devenir champion du monde puisque le scénario idéal l'obligeait à gagner, tout en espérant qu'Alex Yee ne fasse pas mieux que 4e et Wilde 6e. À ce moment-là, il était virtuellement en or mais il restait dix kilomètres de course à pied.

Très solide, le Français semait ses compagnons d'échappée dès les premiers mètres et se lançait alors dans une course contre le temps, tout en n'étant pas totalement maître de son destin. Derrière, Yee et Wilde, deux machines à courir, reprenaient déjà les « morts » même si le leader du Championnat du monde, jusque-là, semblait moins bien tout de même. Après cinq kilomètres, Yee était déjà 6e et Wilde 9e, alors que l'Américain Pearson tentait de venir titiller Bergère aux avant-postes.

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À un tour de l'arrivée (2,5 km), l'affaire semblait tourner mal puisque Yee, bien emmené par le Belge Gelle Geens, gagnait du terrain, le duo se retrouvant rapidement à la troisième place tandis que Wilde tournait autour de la cinquième place.

Mais ce samedi, la chance était du côté des Bleus. Alors que Bergère passait la ligne en tête pour la première fois de sa carrière au niveau mondial avec de la marge sur Pearson, Yee (finalement 4e) était battu au sprint par Geens alors que Wilde (finalement 6e) était repris par Hauser qui n'aurait même pas dû courir à Abu Dhabi. Un concours de circonstances qui offrait le titre à Bergère, lui permettant de devenir le deuxième Français de l'histoire à décrocher la couronne mondiale sur ce format après Vincent Luis (Olivier Marceau champion du monde en 2000 sur une course sèche).