L'Équateur gagné par la peur et éliminé après un début de Coupe du monde emballant

Les Équatoriens étaient dépités après leur élimination de la Coupe du monde ce mardi. (D. Martinez/Reuters)

Dépassé par l'enjeu, surclassé en première période et finalement battu par le Sénégal mardi (1-2), l'Équateur peut nourrir des regrets de devoir quitter prématurément cette Coupe du monde.

Les Équatoriens ont prié, beaucoup, ils ont festoyé, un peu, le temps de l'égalisation de Moises Caicedo (67e), et ils s'en sont allés. En pleurs et en chagrin. Alors qu'un nul leur suffisait pour se qualifier pour la seconde fois de leur histoire en huitièmes de finale d'une Coupe du monde (après celle de 2006), les Équatoriens ont logiquement été battus par les Sénégalais, ce mardi après-midi.

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Après avoir pris d'entrée un terrible bouillon, ils pouvaient déjà s'estimer heureux de ne se retrouver menés que d'un but, - un penalty obtenu et transformé par Ismaïla Sarr (44e) - à la mi-temps. Gustavo Alfaro, leur sélectionneur argentin, a alors profité de la pause pour modifier ses plans. Constatant que son équipe se noyait dans le coeur du jeu, il a troqué son 4-3-3 contre un 4-2-3-1 mieux équilibré. Cela a relancé l'Équateur, qui a donc égalisé.

Une joie de courte duréeMais il n'a été de nouveau qualifié pour les huitièmes de finale l'espace seulement de deux minutes. Car dans ce match à trois buts sur coups de pied arrêtés, le dernier a encore été pour le Sénégal. Titularisé malgré une entorse au genou droit, Enner Valencia a dévié le coup franc rentrant dans la course de Kalilou Koulibaly (70e). « La marge d'erreurs était faible, les détails pouvaient faire la différence, et c'est ce qui s'est passé », a philosophé Alfaro, au coup de sifflet final.

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L'entrée du Troyen Jackson Porozo pour terminer le match en 3-4-3 (85e), n'a rien changé au froid constat : le malheur de Valencia est le symbole d'une sélection passée à côté de la gestion et de la maîtrise de ses émotions.

Après avoir tenu tête aux Pays-Bas lors du deuxième match (1-1), « une équipe venue pour être championne du monde », avait rappelé Gustavo Alfaro, ce dernier a eu tort d'ajouter que ce n'était pas le résultat, mais la construction de cette génération équatorienne prometteuse qui l'intéressait.

Sa progression s'arrête là, puisqu'elle ne jouera pas un huitième de finale qui lui tendait en grand les bras. « Cette élimination est un coup très dur et une très grosse frustration », a résumé Alfaro, qui a également confié qu'il ne savait plus de quoi son avenir professionnel sera fait. Avant d'ajouter : « La douleur que nous avons tous ne doit pas nous faire perdre de vue le potentiel de ces garçons. Cela doit leur servir d'expérience pour l'avenir. Ils auront leur revanche, plus tard. » Ce qui est sûr, c'est que cela ne sera pas avant quatre ans et la prochaine phase finale de Coupe du monde. Et quatre ans, c'est long. Très long.