L'équipe pro 3x3 Paris, une première saison d'apprentissage sur le circuit mondial

Sautier, Djoko, Séguéla, Vialaret, lors du Master de Paris. (matthieumetivet)

L'équipe française 3x3 Paris créée en juin, la première professionnelle du basket 3x3, a terminé sa première saison sur le circuit mondial à la 12e place mondiale, aux portes de la grande finale du World Tour. Prometteur pour l'année 2023, décisive en vue des JO de Paris 2024.

Leur saison sur le circuit mondial à peine terminée, 3x3 Paris refait déjà ses valises. Direction Novi Sad et la Serbie, pour une semaine chez la nation dominante et pionnière ces dernières années. Au programme : une participation au tour serbe, un des plus relevés du monde et un stage d'entraînement avec l'équipe locale UB, numéro un mondiale, qui prépare la grande finale du World Tour. Pour sa première saison, l'équipe pro 3x3 Paris n'a pas réussi à décrocher son ticket pour Abu Dhabi mais pas question de prendre des vacances.

12e équipe mondiale, en ayant en plus débuté la saison à la moitié de l'année, en juin, 3x3 Paris compte deux participations aux Masters (le plus haut niveau) : une 8e place à Paris et surtout une belle finale à Utrecht, en éliminant notamment les Serbes de Liman (2e équipe mondiale, une référence).

« C'est dommage de ne pas s'être qualifié pour la finale, mais on a fait une saison cohérente, pour une première sur le World Tour, apprécie l'entraîneur Karim Souchu. C'était une saison d'apprentissage : tu dois passer par des tournois compliqués, aller loin pour te faire connaître dans le milieu, ce qu'on n'aura pas à faire l'an prochain car on va finir dans le top 15 mondial. »

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Car pour se qualifier aux Masters, plusieurs possibilités : obtenir une wild-card de l'organisation, être classé parmi les meilleurs au classement FIBA ou décrocher un ticket sur un tournoi d'une division inférieure (comme un Challenger). À quatre reprises, 3x3 Paris est tombé en demi-finales d'un Challenger, loupant de peu l'ouverture pour les fameux Masters (11 étapes cette année).

« Il nous manque clairement du vécu 3x3, l'expérience, poursuit le coach. J'espère que l'an prochain, ces matches-là seront de notre côté. Nous, on a récupéré des joueurs du 5x5 au mois de juin, sans préparation spécifique 3x3. C'est quand même un effort différent, surtout pour les fins de match, très physiques, où il faut être plus lucide, ne pas faire la faute ou prendre le bon tir compliqué. Là, on va avoir une vraie préparation 3x3. »

En six mois, les six joueurs se sont aussi habitués un peu plus à cette vie de « baroudeurs du basket », s'envolant pour une dizaine de pays, dont la Malaisie, l'Arabie saoudite, le Brésil, la Croatie, le Canada... ll a fallu apprivoiser le décalage horaire régulier et un quotidien inédit pour ces anciens joueurs de 5x5 (NM1, NM1 ou NCCA) : s'entraîner en autonomie chez eux une partie de l'année et passer le reste en groupe sur des stages ou lors des voyages pour les tournois. Tout en s'intégrant dans une communauté à part entière, avec des équipes et des joueurs spécialisés qui tournent sur ce circuit depuis plusieurs années.

« Je me sentais déjà un peu dans ce microcosme l'été, précise Franck Séguéla, également médaillé de bronze lors de la Coupe du monde avec l'équipe de France. Mais il y a une sphère encore plus petite, avec des équipes qui s'entraînent toujours ensemble depuis plusieurs années, qui vont sur des tournois annoncés officiellement sur le site de la FIBA trois jours avant. Par exemple, la qualification au Masters d'Utrecht, on l'a fait sur un tournoi à Amsterdam dont on n'aurait jamais entendu parler si on ne s'était pas investis dans le monde pro. »

« On a vraiment appris sur le terrain, mais aussi sur tous les mécanismes, l'environnement 3x3, ajoute Alex Vialaret, numéro 1 français. L'année prochaine, il faut qu'on aille chercher de la sérénité, de la confiance, pour faire une saison complète et constante. Et qu'on aille chercher des nouveaux checks (des systèmes de jeu) par-ci par-là. »

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Apprentissage du terrain et du fonctionnement, avec également le casse-tête stratégique de choix de tournois. « L'idée, ce n'est pas forcément de faire plus de tournois, mais de bien les choisir, précise Souchu, déjà en train de réfléchir au programme de compétitions pour l'année prochaine, qui pourrait comprendre le premier circuit pro français (attendu pour le début d'année prochaine). Il y a une vraie planification à faire, au niveau du ranking, des points à gagner. »

Car dans le 3x3, performance rime avec points : plus un joueur participe à des étapes du circuit, plus il rapporte des points à la fois à son équipe privée et à son pays (donc, au classement mondial FIBA, prenant en compte les résultats des 25 meilleurs joueurs du pays) en vue de la qualification pour Paris 2024. Une victoire lors d'un Master du World Tour rapporte plus de 110 000 points par joueur contre environ 40 000 pour une médaille d'or à la Coupe du monde. Même sans le maillot de l'équipe de France sur le dos, les joueurs de 3x3 Paris se battront donc aussi l'année prochaine pour une place aux JO de 2024.