L'équipe type des joueurs formés à l'AJ Auxerre

Dimanche, face à Lille, Auxerre va disputer son premier match en Ligue 1 après dix ans de purgatoire. Pour l'occasion, voici le onze des meilleurs joueurs formés à l'AJA.

Gardien : Bruno Martini, la vie en blanc et bleu

Lionel Charbonnier a gagné la première Coupe du monde de l'équipe de France, Fabien Cool est le joueur le plus capé de l'histoire du club, mais la place de titulaire ne pouvait revenir à personne d'autre que Bruno Martini.

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À Auxerre, la formation toujours à coeur

Gardien emblématique des années 80 et 90, Martini a fait partie d'une des meilleures équipes auxerroises. De 1985 à 1995, le Neversois a disputé 386 rencontres, participant au passage à six campagnes en Coupe de l'UEFA (ancien nom de la Ligue Europa). Comme le destin est parfois cruel, l'AJA a remporté son unique titre de Champion de France (1996) juste après son départ pour Montpellier.

Ses performances avec la tunique icaunaise lui ont permis d'être sélectionné à 31 reprises en équipe de France. Sous les ordres de Michel Platini, il a notamment participé à l'Euro 1992 (les Bleus ont été éliminés au 1er tour). Au moment de son décès, le 20 octobre 2020, le triple Ballon d'Or n'a pas tari d'éloges sur son ancien joueur : « C'était le joueur parfait pour un sélectionneur, parce que c'était un très bon gardien, mais aussi une personne respectée, respectable, un type formidable et gentil. »

Défenseurs centraux : Boli et Mexès les évidences, Goma complète le trio

Avant d'aller offrir la Coupe d'Europe des clubs champions 1993 à l'OM - où il a également obtenu deux titres de champion de France -, Basile Boli a écoeuré les attaquants durant sept ans à l'Abbé-Deschamps. Lancé par Guy Roux en avril 1983, alors qu'il n'avait que 16 ans, celui qui a fait partie de la toute première génération du centre de formation s'est tout de suite imposé comme titulaire. De 1986 à 1993, Boli a également été un cadre de l'équipe de France et a porté le maillot bleu à 45 reprises.

Philippe Mexès compte un peu moins de sélections (29), mais il a lui aussi commencé très tôt avec l'AJA. Le Toulousain, vainqueur également de deux Coupes Gambardella (1999 et 2000), a connu ses premières minutes face à Troyes en 1999, à 17 ans. À Auxerre, il a formé, au côté de Jean-Alain Boumsong, une des meilleures charnières de Ligue 1. Ensemble, ils ont ramené la troisième Coupe de France de l'histoire du club (2003). Mexès est ensuite devenu une référence en Serie A où il a passé 12 saisons entre l'AS Rome et l'AC Milan.

Stéphane Mahé et Younès Kaboul auraient pu compléter le trio, mais le doublé Coupe-Championnat de 1996 a pesé lourd en faveur d'Alain Goma pour la dernière place en défense. Joueur polyvalent, capable d'évoluer sur les côtés ou dans l'axe, l'international tricolore (2 sélections) a participé à près de 200 matches en D1. Après ses années bourguignonnes, il a passé sept ans en Angleterre entre Newcastle et Fulham.

Pistons : du déséquilibre avec Sagna et Diomède

Pour animer le couloir droit, Bacary Sagna est un choix qui s'impose naturellement. Après trois bonnes saisons dans l'Yonne et une nomination dans l'équipe type de Ligue 1, il a rejoint Arsenal en 2007 où sa carrière a explosé. Dès sa première année, il a été élu dans le onze de la saison en Premier League (il l'a été une nouvelle fois en 2011). Avec les Gunners, puis Manchester City, il a disputé 57 rencontres de Ligue des champions. Durant cette période, il a aussi été sélectionné pour toutes les compétitions internationales des Bleus entre 2008 et 2016. Il compte 65 sélections ce qui en fait le plus capé de cette équipe.

À gauche le choix a été bien plus compliqué. Malgré ses 347 matchs pour l'AJA, Pascal Vahirua ne fait pas partie de cette équipe. Le choix s'est porté sur Bernard Diomède. Comme Goma, « Petit Bonhomme » a contribué à la plus grande saison de l'histoire du club en 1996. Sur les dix dernières rencontres de la saison, le champion du monde 1998 a inscrit 6 buts pour permettre de réaliser le doublé Coupe-Championnat.

Milieux axiaux : Diaby et Dutuel, deux milieux complets

Abou Diaby fait bien évidemment partie de cette liste. International français à 16 reprises, l'ancien pensionnaire de l'INF Clairefontaine reste l'un des joueurs les plus talentueux formés par le club. Au-delà de ses débuts professionnels à l'AJA, son passage à Arsenal a marqué les esprits (2006-2015). Le grand milieu de terrain (1m91) aurait pu connaître bien plus de succès si les blessures l'avaient laissé tranquille. Preuve en est, Raymond Domenech, Laurent Blanc et Didier Deschamps lui ont tous fait confiance en le convoquant à Clairefontaine dès lors qu'il était disponible.

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Parole d'ex - Daniel Dutuel : « J'ai dit à Zizou, laisse-moi le coup franc, je vais marquer »

La densité au milieu de terrain à l'époque l'a sûrement privé d'un statut d'international. Pourtant, Daniel Dutuel en avait le niveau. Célèbre pour être le dernier joueur à avoir marqué pour un club français en finale de coupe d'Europe (C3 en 1996 avec Bordeaux contre le Bayern), il a surtout été un artisan majeur du parcours des Auxerrois lors de la Coupe de l'UEFA 1992-1993. Les hommes de Guy Roux avaient atteint les demi-finales après avoir éliminé l'Ajax Amsterdam (4-2, 0-1) au tour précédent. Avant de buter sur Dortmund (0-2, 2-0, 5-6 aux t.a.b.).

Numéro 10 : Ferreri, la touche technique

Marseille pourra dire merci à Auxerre. En plus de Basile Boli, les Olympiens comptaient dans leur rang lors de l'épopée de 1993 un autre joueur couvé en Bourgogne. Jean-Marc Ferreri n'a disputé qu'une saison à l'OM, mais il a porté bonheur. Avant cela, il a distribué des caviars à Bordeaux et à l'AJA donc. Il a connu le club en D2 et est monté avec lui en 1980. Le natif de Charlieu est d'ailleurs le premier joueur formé au club à avoir porté le maillot tricolore deux ans plus tard, pour un total de 37 sélections.

Attaquants : un binôme Cantona-Cissé pour empiler les buts

Hymne de la Ligue des champions, maillot PlayStation, teinture blonde, au début des années 2000 Djibril Cissé marchait sur l'eau avec Auxerre. Deux fois meilleur buteur de Ligue 1 (2002 avec 22 buts et 2004 avec 26 buts), le protégé de Guy Roux a réussi à accrocher le train de la Coupe du monde 2002. Face à la concurrence de Thierry Henry, David Trezeguet ou Nicolas Anelka, il est parvenu à jouer 41 matchs avec la France. Après son départ de Ligue 1, l'Arlésien a remporté la Ligue des champions en 2005 avec Liverpool. Sans ses deux fractures au tibia, sa carrière auait probablement été encore plus belle.

« Eric était sûrement le plus turbulent de toute l'histoire de l'AJA », a déclaré Guy Roux, lors d'un reportage qui lui était consacré sur L'Équipe, à propos de Cantona. Il était aussi le meilleur, le « King ». Le Marseillais de naissance est de loin le plus grand joueur formé par le club bourguignon. C'est à l'Abbé-Deschamps qu'ont eu lieu ses premiers coups de génie. Ceux qui lui ont valu ses premiers coups de fil du sélectionneur (Henri Michel à l'époque). Quatorze ans après ses débuts contre Nancy en 1983, « Canto » a tiré sa révérence. Entre-temps, il était devenu le meilleur joueur de Manchester United et avait mis l'Angleterre à ses pieds.

Un 3-4-1-2 qui ne plairait pas à Guy Roux

Guy Roux, c'est plus de 40 ans de carrière et une empreinte immense dans le football français. Et c'est aussi l'immuable 4-3-3. Mais le dispositif que nous avons choisi permet de mettre les joueurs sélectionnés dans les meilleures dispositions, à l'exception de Diomède.

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