L'évolution de Chelsea a pris forme, celle de Manchester City reste en cours

Chelsea et Man City ont changé d'entraîneur l'été dernier. Depuis, l'avancement des travaux de l'un est plus rapide que celui de l'autre.

Huit journées sont encore à disputer en Premier League cette saison. L'heure n'est pas encore aux bilans. Toutefois, avant même que le sprint final ne soit lancé, il est déjà possible de deviner qui de Chelsea ou de Manchester City aura accompli une meilleure campagne et répondu aux attentes de ses dirigeants et ses supporters. Avec 11 points d'avance son concurrent et aussi le titre de champion à portée de mains, l'équipe londonienne a réalisé un exercice nettement plus satisfaisant. 

De Bruyne, l'indispensable de Guardiola

La venue des deux techniciens dans leurs nouvelles demeures laissait présager un avenir à moyen terme radieux pour les deux formations. Et, dans le cas du Catalan, au vu de son expérience et aussi du chantier qui paraissait être moins vaste que celui dont a hérité l'Italien, il y a eu ce pressentiment, globalement partagé, que la mayonnaise allait rapidement prendre. Neuf mois après, force est de constater que ces prédictions ne se sont qu'à moitié vérifiées. 

Confronté à ses limites, Guardiola doit se réinventer

Alors qu'il a gagné partout où il est passé, Guardiola a de fortes chances aujourd'hui de boucler sa première année à City sans le moindre trophée. Après l'élimination en Ligue des Champions et les nombreux points abandonnés en championnat, seule la FA Cup reste à sa portée. A contrario, la feuille de route de Conte est reluisante. Alors qu'il avait pris en main une équipe en plein doute, l'ex-sélectionneur italien peut légitimement espérer faire aussi bien que Mourinho en offrant à Chelsea un doublé national dès sa première année en Angleterre.

Avec sa philosophie de jeu, Guardiola a besoin de plus de temps pour mettre en place ses idées. Les dix victoires consécutives glanées au début du mandat auraient pu faire croire le contraire, mais le parcours cahin-caha réalisé par la suite a confirmé que la méthode nécessite du temps pour pouvoir porter ses fruits. Et il n'y a pas que les joueurs de l'équipe qui sont dans un processus d'adaptation. Guardiola, lui-même, est dans une phase de découverte. Celle d'un championnat aux spécificités totalement différentes de celles qu'il avait connues en Espagne ou en Allemagne. 

Dans une interview donnée à Sky Sports en décembre dernier à un moment où son équipe avait déjà commencé à lâcher du lest au classement, l'Espagnol avait reconnu que la PL était plus difficile qu'il ne l'avait imaginée. Qu'il devait aussi intégrer des données nouvelles dans son coaching. "J’essaye de faire jouer mon équipe comme je l’ai fait toute ma carrière. Par exemple pour le pressing haut. Quand l’adversaire a la balle, il faut y aller mais ce n’est pas possible. Souvent la balle est plus en l’air qu’au sol", avait-il lâché. La question est de savoir combien de temps cette transformation va prendre ? 

Conte, la rage et l'art de vaincre

Le style de Conte est différent et l'évolution plus douce. Il se repose sur une grosse solidité défensive, une projection rapide en phase offensive et une touche créative qui se limite à un ou deux joueurs (Hazard, Pedro). Ce n'est pas très clinquant, mais c'est terriblement efficace. L'Italien a su trouver la bonne formule tactique (3-5-2) après des débuts poussifs, pour justement mettre ses hommes dans les meilleures prédispositions, tout en faisant progresser le collectif.

Outre un travail technico-tactique, Conte a su appliquer ses méthodes pour laver le cerveau de ses joueurs, dixièmes la saison passée, afin de repartir avec un mental frais, reposé et conquérant. La manière dont il fait briller Victor Moses, dont la dernière saison pleine en PL remontait à 2012, en est la preuve. Il a aussi relancé Diego Costa, qui restait sur une campagne compliquée, et fait de Marcos Alonso, jamais sélectionné en Espagne, l'un des meilleurs joueurs du championnat. C'est une certitude : Conte est doué pour résoudre n'importe quelle équation et cerner en un temps record tous les profils qu'il a à disposition. Pourra-t-il confirmer sur la durée ? C'est le challenge qui l'attend, et il sera de taille si, comme prévu, Guardiola venait à rattraper le retard qu'il a pris. 

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