L'accord entre la F1 et São Paulo suspendu par un juge

Basile Davoine
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Le contrat passé entre la Formule 1 et le nouveau promoteur du Grand Prix de São Paulo, à Interlagos, a été temporairement suspendu par un juge au Brésil. Cette décision fait suite à une procédure mettant en cause le recours à des fonds publics pour organiser l'épreuve ainsi que le niveau de transparence autour de l'accord en question. Le mois dernier, la signature d'un contrat de cinq ans entre la F1 et le nouveau promoteur a été annoncée, précisant que la manche ne porterait plus le nom de Grand Prix du Brésil mais de Grand Prix de São Paulo. Le précédent accord, conclu sous la direction de Bernie Ecclestone, ne permettait pas à la F1 de recevoir des revenus et a pris fin en 2020, même si la course a été annulée en raison de la pandémie de COVID-19.

Un projet de Grand Prix à Rio de Janeiro a longtemps été mis sur la table mais Chase Carey, PDG de la F1 jusqu'au 31 décembre dernier, a trouvé une alternative pour maintenir Interlagos au calendrier via un promoteur différent. L'épreuve doit être organisée par Brazil Motorsport, société soutenue par le gouvernement d'Abu Dhabi via sa branche d'investissement Mubadala. Brazil Motorsport est dirigée par l'ancien navigateur Alan Adler, impliqué de longue date dans la promotion d'événements majeurs au Brésil tels que des concerts, des tournois de golf ou des matchs d'exhibition de la NBA.

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Le changement de nom du Grand Prix reflète la hausse de subvention consentie par la ville de São Paulo, et qui s'est avérée déterminante pour trouver un accord sous une forme rappelant les contrats conclus au niveau régional pour les Grands Prix de Styrie, de Toscane et d'Émilie-Romagne. L'apport financier de la ville de São Paulo est de trois millions d'euros par an pendant cinq ans, si l'on se réfère aux documents administratifs qui ont été publiés.

C'est justement depuis que ce montant a été rendu public qu'une pétition a vu le jour. Cette dernière a provoqué une action en justice, soutenue par le conseiller local et avocat Rubinho Nunes. "La F1 est importante pour São Paulo et pour le Brésil, j'en suis fan, mais cela n'autorise pas la ville à conclure des contrats sans appel d'offres, dans le secret, avec une société sans 'expertise' dans le domaine, créée il y a quelques jours à cet effet", dénonce-t-il.

Dans l'attente d'une enquête approfondie, le juge Emílio Migliano Neto a pris la décision de suspendre le contrat et a donné cinq jours aux autorités de São Paulo pour fournir des documents convaincants. "Les faits révèlent sans aucun doute, en tout cas à ce stade, que les principes de transparence sont violés de manière explicite", a-t-il estimé. "Pour cette raison également [l'absence d'appel d'offres], il est nécessaire de suspendre l'exécution du contrat afin d'évaluer s'il y a effectivement les ressources pour couvrir les dépenses détaillées dans l'accord signé."