L'Angleterre se crispe avant d'affronter l'Italie en Ligue des nations

Absences, méformes et polémiques : l'Angleterre n'a pas préparé le choc contre l'Italie, vendredi en Ligue des nations (20h45), dans un climat serein.

Jamais, sans doute, depuis qu'il est devenu sélectionneur de l'Angleterre en 2016, Gareth Southgate n'a abordé une rencontre dans un contexte aussi délicat que pour le déplacement de son équipe à San Siro vendredi, pour le choc contre l'Italie en Ligue des nations (20h45, en direct sur L'Équipe Live).

D'abord, parce qu'il y a une urgence sportive : les Trois Lions doivent battre la sélection italienne, qui les avait privés de sacre à Wembley en finale de l'Euro à l'été 2021 (1-1, 3-2 aux t.a.b.), pour éviter la relégation en Ligue B. Derniers de leur groupe, Harry Kane et ses coéquipiers restent, en Ligue des nations, sur deux nuls et deux défaites, dont une humiliation à Wolverhampton face à la Hongrie (0-4, le 14 juin).

Or, pour tenter de renouer avec la victoire face à la Nazionale, Southgate dispose d'un groupe affaibli par les blessures (Jordan Pickford, Kalvin Phillips, Dominic Calvert-Lewin...) et la méforme de certains cadres, qu'il a rappelés malgré leur faible temps de jeu en club, comme Luke Shaw, Ben Chilwell et Harry Maguire.

Tensions entre joueurs et consultants

Des choix que le technicien a été forcé de justifier, jeudi en conférence de presse : « Clairement, ce n'est pas une situation idéale. On a voulu conserver l'ossature de ce groupe, pour qu'ils se sentent toujours impliqués. Mais ils savent, pour certains d'entre eux, qu'ils auront besoin de jouer plus régulièrement dans les semaines à venir. »

Si ce type de débat accompagne presque chaque rassemblement, des joutes verbales plus surprenantes ont rythmé le quotidien des Trois Lions ces derniers jours, comme celle opposant Jack Grealish au consultant de Sky Graeme Souness. « Je ne sais pas quel est son problème, il n'arrête pas de parler de moi », a lancé le premier mardi, à propos du second, qui lui a tranquillement répondu jeudi : « Les joueurs actuels n'acceptent pas la critique ».

Dans le même temps, l'ancien milieu de terrain international Danny Murphy, sur Talk Sport, s'en est pris, lui, à Eric Dier, qui s'était plaint que sa famille subissait des insultes dans les stades : « Tu es un grand garçon qui joue pour ton pays. Alors ravale tes états d'âme et avance. »

Un communiqué sur le Qatar « bienvenu, mais très tardif »

De manière plus significative, la Fédération anglaise (FA) a été sévèrement critiquée pour son communiqué publié mercredi, dans lequel elle appelait notamment la FIFA à indemniser les familles des travailleurs ayant trouvé la mort lors de la construction des stades destinés à la Coupe du monde au Qatar. « Ce communiqué est bienvenu, mais très tardif, à huit semaines du Mondial, après douze ans d'abus », a indiqué à The Athletic Minky Worden, le directeur des initiatives globales de Human Rights Watch.

Sur ce sujet également, Southgate a dû monter au front jeudi : « Les responsables de la FA ont rencontré des travailleurs au Qatar, ils se sont renseignés sur la manière dont ceux-ci ont été affectés. Mais il y a une limite à ce qu'on peut faire dans ce domaine. » Habituellement très loquace face aux médias, le patron des Trois Lions peinait, sur le moment, à trouver ses mots, symbolisant une sélection pour l'heure en perte de repères.

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