Lannion remet son destin dans les mains de ses gardiens

Baptiste Davaï et Florian Piolot se partagent les rôles dans le but de Lannion (Ouest France)

Pour son premier 32e de finale de Coupe de France, face à Toulouse dimanche, Lannion peut compter sur deux gardiens : l'un pour le temps de jeu, l'autre pour les tirs au but.

« Didier Deschamps aurait dû le prendre. Moi, je suis plus Hugo Lloris. » L'image du capitaine des Bleus impuissant lors de la séance des tirs au but en finale de la Coupe du monde, n'est pas près de s'effacer des mémoires. Florian Piolot, pourtant fan du joueur de Tottenham, préfère en sourire quand il vante les mérites de son coéquipier, Baptiste Davaï, qui évolue lui aussi dans le but.

Le gardien de Lannion (N3), qui disputera dimanche soir le premier 32e de finale de Coupe de France de son histoire, a pourtant ri jaune, le 29 octobre. À Châteaubriant (N2), lors du 7e tour, la fin du temps réglementaire (1-1) et les tirs au but approchent quand son entraîneur décide de le remplacer par Davaï, son cadet (21 ans contre 37), titulaire en Championnat, depuis cette saison.

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Il est vert de rage, même si aujourd'hui, son ressentiment a laissé place à la fierté de vivre une belle aventure (« On est un groupe et le plus important, c'est la qualification ») et une sacrée histoire. « On avait égalisé sur la fin, j'étais bien, se remémore-t-il. Surtout, je n'étais pas au courant. » Son remplaçant, si. Depuis quelques jours. Et il va se montrer décisif, avec un arrêt (5-3 aux t.a.b.).

Un joli coup, mais risqué. Leur entraîneur en a conscience. « Je comprends la déception de Florian, sa colère, reconnaît Rémy Le Bourdoulous, en poste depuis 2017 et échaudé par de précédentes séances infructueuses. Mais c'est aussi un garçon très intelligent. Je ne l'avais pas prévenu, afin qu'il reste dans son match. Au contraire, je l'avais dit à Baptiste pour qu'il demeure concentré sur le banc. Mais ça n'a rien d'extraordinaire, car un coach doit toujours faire des choix. »

Au tour suivant (8e), les Costarmoricains se déplacent à Nantes, pour affronter la JSC Bellevue (R1). Même coup de poker et rebelotte ! Le 0-0 se précise, le jeune remplace l'ancien et offre la qualification aux siens. Cette fois, il sort deux tentatives et inscrit la sienne ! Car le garçon, qui n'est devenu gardien qu'à l'âge de 13 ans, est complet. Il est bon avec les mains, les pieds mais aussi la tête.

C'est de cette manière qu'en décembre 2019, avec la réserve (R2), il avait égalisé contre l'AS Pleubian (2-2, 90e + 4) à la suite d'un corner ! Mais c'est bien des penalties dont il raffole. « Je ne ressens aucune pression dans cet exercice, explique celui qui est en contrat d'alternance au club et prépare le BMF (Brevet de moniteur de football). J'essaie de mettre un peu de pression sur le tireur, en faisant mine de partir d'un côté. Et j'essaie de lire sa course d'élan, la position de ses pieds. C'est quelque chose de particulier, que j'ai toujours aimé. »

Ce qui n'est pas donné à tout le monde. « N'est pas tireur de penalty qui veut, n'est pas gardien spécialiste des penalties qui veut, rappelle Le Bourdoulous. Baptiste a un caractère fougueux, il prend beaucoup de place dans le but, il possède cet instinct. » Son entraîneur spécifique et ancien gardien international togolais, Juvénal Pédomey, estime que son protégé « pourra aller voir plus haut. Il est très demandeur. S'il y a une nouvelle séance de tirs au but, c'est sûr, on passera ! » Cela voudra dire qu'auparavant, Piolot aura aussi bien fait le boulot.

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