L'appel aux traditions lors de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du monde au Qatar

Les mascottes des précédentes Coupes du monde étaient réunies. (P. Lahalle/L'Equipe)

L'hôte qatarien a rendu hommage à la culture arabe dans sa cérémonie d'ouverture ce dimanche, tout en plaçant des références à l'histoire du tournoi qu'il accueille. Notamment de ses mascottes.

Une clameur impatiente a traversé le stade Al Bayt, à 15h42 (heure française), quand le « zéro » du compte à rebours est apparu sur les écrans géants du stade Al_Bayt, douze ans après l'obtention controversée de l'organisation de la Coupe du monde par le petit émirat.

L'émir Tamim bin Hamad al-Thani venait de prendre place dans la tribune présidentielle, entre le président de la FIFA, Gianni Infantino, et son père, Hamad, arrivé avec une canne, et à qui il a baisé la main. On ne pouvait pas rater, non plus, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane (dit MBS), assis à gauche d'Infantino. Une image voulue d'union pour la région du Golfe après la crise qui avait secoué la région entre juin 2017 et janvier 2021, lorsque le régime saoudien avait mis au ban diplomatique son petit voisin lors d'un blocus.

lire aussi : Les temps forts de la cérémonie d'ouverture en images

Car c'est l'objectif répété depuis des années par le Qatar, malgré la longue parenthèse de cette brouille de trois ans et demi. Cette première Coupe du monde de l'histoire au Moyen-Orient, elle n'est pas seulement pour le richissime petit émirat, qui s'est imposé sur la carte grâce au sport, mais aussi pour le monde arabe.

Il était évidemment à l'honneur, lors de cette cérémonie d'ouverture, qui a débuté sur des images oniriques d'hommes du désert, avant l'apparition de l'acteur afro-américain Morgan Freeman, en maître de cérémonie. L'idée tenait dans la symbolique du stade Al-Bayt, au design de tente bédouine traditionnelle. « On est réuni ici comme une grande tribu et le monde est notre tente », a voulu résumer Morgan Freeman.

lire aussi : Le monde arabe « fier » d'avoir sa Coupe du monde

En gros, la première partie de ce show d'une demi-heure, qu'on attendait finalement plus extravagant, fut un hommage à la culture locale, avec la chanteuse qatarienne Dana. La seconde partie fut plus internationale et notamment asiatique, avec l'apparition attendue, sur scène, d'une immense star - enfin, ça dépend pour qui, c'est toujours une histoire de générations : Jungkook, le chanteur du groupe de pop coréenne BTS. Et puis les organisateurs avaient eu la riche idée de réunir toutes les précédentes mascottes des Coupes du monde depuis 1966.

Le retour de FootixCe qui nous a permis de revoir Footix, avec une certaine émotion. La bande-son a également mis à l'honneur les fameux « fans », un terme mis à toutes les sauces durant cette Coupe du monde, puisque les chants des supporters des 32 pays qualifiés ont été déclamés. Des vidéos Super 8 de vieux matches de foot disputés sur des terrains sablonneux ont conclu la cérémonie. Une façon de dire que ce micro-État, ex-protectorat britannique, indépendant depuis 1971, est aussi une terre de football.

Le sourire de la famille Al-Thani, père et fils confondus, est revenu à l'écran en gros plan, à la fin de la cérémonie. L'émir Tamim a pris la parole en arabe, pour adresser un message de « bienvenue » qu'il a repris en quelques mots d'anglais, à la fin de son intervention. Les choses sérieuses pouvaient débuter.