Laurent Rossi, directeur d'Alpine : « Pas de hiérarchie entre Ocon et Gasly »

Le patron de l'écurie Alpine, Laurent Rossi. (S. Mantey/L'Équipe)

Le patron d'Alpine, Laurent Rossi, a confirmé qu'Esteban Ocon et Pierre Gasly partiraient sur un pied d'égalité la saison prochaine en Formule 1. Et s'il s'attend à des moments de tension, il estime que les deux pilotes français ont surtout l'occasion de s'affirmer en leaders matures.

Au terme d'une saison de F1 au niveau de ses espérances, selon ses propres termes, Laurent Rossi a dressé un large bilan de 2022 et s'est projeté sur l'exercice suivant vendredi. L'aspect pilotes a bien sûr été plusieurs fois évoqué par le CEO d'Alpine vu la fin de collaboration tendue entre Esteban Ocon et Fernando Alonso, le départ surprise de ce dernier pour Aston Martin et l'arrivée de Pierre Gasly pour former une équipe 100 % française dont l'histoire commune (les deux pilotes normands ont le même âge) a été agitée par moments.

Le CEO d'Alpine ne s'attend pas à un long fleuve tranquille en 2023. « C'est du sport de haut niveau et dans l'excitation du moment, il y aura des réactions, a-t-il prévenu. L'important c'est que ça ne pénalise pas l'équipe en termes de performance. Comme je leur (à Ocon et Alonso) ai dit cette année, on les a laissés courir jusqu'à ce que l'équipe soit lésée comme au Brésil (lors de la course sprint). Et à ce moment-là. On leur a fait savoir. » Avec d'ailleurs une superbe réaction lors de la course principale brésilienne (5e et 8e).

Rossi poursuit : « On a appris et les deux savent qu'ils sont attendus au tournant [...] À la fin du contrat, ils approcheront des 30 ans, il ne faut pas se rater non plus parce que c'est dangereux de se trouver poussé dehors d'une équipe parce qu'on n'a pas montré de maturité suffisante. Les deux sont conscients de la chose et ils me l'ont affirmé individuellement et ensemble. »

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Un traitement égal pour débuter la saisonEn retour, le patron a promis à ses 2 pilotes un traitement égal. « Il n'y aura aucune hiérarchie pour démarrer la saison. Si une nette se dessine, on pourra décider d'en favoriser un sur l'apport d'innovations par exemple. Mais ils vont démarrer à égalité, sans statut particulier parce qu'ils sont incroyablement similaires et ensuite parce que ce n'est pas une dynamique très saine (d'avoir un numéro 1 et un numéro 2), ça impose beaucoup de choses au niveau de la gestion des gens. Hormis Red Bull peut-être, ça n'existe pas nécessairement chez les autres écuries. »

Il enchaîne : « Le jour où on visera des titres peut-être qu'on le fera. Parce que si ça arrive, le titre pilote est plus important qu'un titre constructeur et c'est un constructeur qui vous dit ça. Mais pas tant que l'équipe sera vouée à progresser avec le principe de fonctionnement exigé depuis l'an dernier, c'est-à-dire une collaboration stricte avec échange de réglages, d'informations sur le type de conduite, les vitesses de passage en courbe, les points de freinage... »

Sans commenter le chiffre évoqué par Esteban Ocon (98 % du développement au simulateur et des opérations marketing pour lui et le reste seulement pour Alonso), le patron de l'écurie française a reconnu que l'arrivée de Gasly allait redistribuer les cartes à ce niveau. « Pierre va participer aussi au travail sur simulateur. C'est un des grands différenciateurs (avec Alonso). Tous les pilotes ne passent pas du temps au simulateur mais il est sûr qu'aujourd'hui, dans la période que nous vivons, c'est un élément critique. Cette année, avec une nouvelle monoplace, il y avait besoin de faire beaucoup de travail et Fernando n'est pas quelqu'un qui aime faire du simulateur même si ça ne change rien à l'incroyable pilote qu'il est. »

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