L'avenir de l'équitation en pentathlon moderne décidé ce week-end

Élodie Clouvel lors de l'épreuve d'équitation des JO de Tokyo. (P. Lahalle/L'Équipe)

Le congrès de l'Union internationale de pentathlon moderne (UIPM), qui se tient samedi et dimanche, doit décider de la suppression, ou non, de l'équitation du pentathlon moderne après les JO 2024. Depuis un an, l'avenir de la discipline suscite débats et polémiques.

Une décision lourde de conséquences va être prise ce week-end lors du congrès de l'Union internationale de pentathlon moderne (UIPM), organisé en ligne. Les fédérations nationales doivent s'exprimer sur le remplacement, à l'issue des Jeux Olympiques de Paris 2024, de l'équitation par une nouvelle épreuve, l'obstacle.

Aux JO de Tokyo, la détresse de l'Allemande Annika Schleu, et le coup de poing donné par sa coach Kim Raisner à Saint Boy, le cheval tiré au sort pour l'épreuve d'équitation, avaient créé la polémique. Quelques mois plus tard, en novembre 2021, l'UIPM annonçait la disparition de l'équitation après 2024, au profit d'un nouveau cinquième sport, associé à la natation, l'escrime et au laser-run qui regroupe tir et course à pied. Cette nouvelle subite avait choqué beaucoup de pentathlètes, qui avaient signé une lettre de protestation.

Un changement indispensable, selon l'UIPMUn an plus tard, le sort de l'équitation se joue pour de bon. Depuis des mois, les dirigeants de l'UIPM répètent que ce changement est indispensable si le sport veut se maintenir au programme olympique - sa présence aux JO 2028 n'est pas garantie et sera décidée en septembre 2023 lors de la réunion de la commission du programme du CIO.

Si des rumeurs avaient évoqué le choix du cyclisme, une commission créée pour l'occasion a opté pour la course d'obstacles, une discipline rendue populaire par des émissions de télévision comme Koh Lanta et Ninja Warrior.

Plusieurs alternatives testéesDifférentes épreuves test ont été menées durant l'été. « J'ai eu le retour des jeunes qui s'entraînent avec moi et qui ont participé à une épreuve test après les Championnats du monde junior et le ressenti de tous était vraiment positif, raconte Valentin Prades, 7e des JO de Tokyo. Même une personne qui est favorable au maintien de l'équitation a trouvé que l'épreuve avait du potentiel. Je comprends les désaccords, l'équitation, j'adorais ça. Mais j'aimerais surtout que les jeunes puissent continuer à rêver des JO comme je l'ai fait. »

Le pentathlète français a fait partie de la commission sur le choix du nouveau 5e sport et assure que 90 % de ses camarades d'entraînement sont favorables à la réforme. Via une vidéo réalisée par l'UIPM, la vice-championne olympique 2016 Élodie Clouvel s'est publiquement prononcée pour une nouvelle 5e discipline. « Le renouvellement est vital pour notre sport », y assure-t-elle, poursuivant : « je veux que notre sport retrouve la paix. »

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Joe Choong, le champion olympique, en colèreLe mouvement d'opposition à la suppression de l'équitation a été très dynamique depuis un an. Regroupés dans le mouvement Pentathlon Unitedj, les athlètes, menés par le champion olympique britannique Joe Choong, ont multiplié les actions de communication, les photographies d'athlètes portant un t-shirt « keep the sport, change the rules » (gardez le sport, changez les règles).

Le mois dernier, l'Australien Alex Watson, soutenu par Choong, s'est porté candidat à la présidence de l'UIPM face à l'Allemand Klaus Schormann, en poste depuis 1993 et réélu en novembre dernier pour quatre ans. La logique voudrait donc que la suppression de l'équitation soit actée ce week-end. Ce ne sera pas pour autant la fin de l'opposition au changement de sport.