L'édito de Patrick Tambay : "Hamilton se voit plus beau qu'il ne l'est en ce début de saison"

Comme après chaque course, notre consultant Formule 1 livre son analyse, sans concession, sur le Grand Prix. 

En l’emportant ce dimanche en Russie, Valtteri Bottas est enfin rentré dans le grand club des vainqueurs de Grands Prix, après 81 départs. Il a ainsi démontré qu’il fallait la bonne voiture pour réussir. C’est l’injustice de ce sport. Sans une bonne voiture, on ne peut rien faire, ou alors quelques exploits de temps en temps. Sur cette course, le Finlandais a pris un excellent départ. Il fallait le faire, et il l’a bien fait. Après, Mercedes a adopté la bonne stratégie. Là encore, il s’en est bien sorti en la suivant à la lettre. Il a, en quelque sorte, appliqué un petit peu ce que les autres lui ont fait subir avant : partir vite et maîtriser. En cela, il a progressé. Mais va-t-il rester sur la même progression lors des prochaines courses ? Je ne sais pas. Cela sera intéressant de se pencher là-dessus à Barcelone. Lors des essais d’avant-saison, il y avait affiché un bon rythme.

Ce dimanche, il a quand même collé 36 secondes à Lewis Hamilton. Pff… c’est dur, très, très dur ! Si le Britannique n’arrive pas à trouver la raison de ce retard, cela signifiera que Bottas est tout simplement sorti du rang. Et ce sera très dur pour Hamilton. C’est un week-end sans pour lui. Mais j’ai l’impression qu’il n’est pas encore bien rentré dans le jeu du championnat, alors que les autres ont bien commencé. Il prend les choses encore un petit peu trop à la légère. Il se voit un petit plus beau qu’il ne l’est. Il ne s’est sûrement pas assez préparé. Sportivement, il n’est pas encore assez motivé. Mais il sait rebondir. Lorsqu’il aura gagné sa prochaine course, on dira qu’il est revenu en force. Il ne faut pas s’inquiéter.

Au bout de l’ennui

Cette course a été d’un ennui. Pour être honnête, j’ai fini par m’endormir. Heureusement, la voix de mon fils m’a quelque peu maintenu éveillé. Mais c’est tout !

Il n’y a eu aucun dépassement. Ce n’a été qu’une lutte contre le chrono, une lutte pour la victoire, une lutte contre la très lente dégradation des pneus. Mais il fallait s’y attendre. Généralement, les Grands Prix à un arrêt ne sont pas des bons Grands Prix. Il faut plusieurs passages aux stands pour que cela devienne un peu excitant.

On l’a vu, Vettel a fait un premier relais très long. Quand à Hülkenberg, son arrêt aux stands a été encore plus tardif ! C’était beaucoup trop long, si l’on se place d’un point de vue du spectacle. Pour que cela reste acceptable, il aurait fallu s’arrêter entre le 18 et le 25e tour. Mais les ultra tendres étaient peut-être un peu trop tendres pour tenir sur la durée. Il fallait donc faire des premiers relais très longs pour rallier l’arrivée.

Mais la tenue des Pirelli fait partie du jeu. En Formule 1, tout le monde, que ce soit les équipes ou les fournisseurs divers, recherche la perfection. Les écuries essayent de grignoter des dizaines de secondes dans tous les domaines, même au niveau des arrêts aux stands. Quand un changement de gommes prend une seconde de plus, c’est un arrêt raté. Les mécaniciens s’entraînent continuellement, que ce soit à l’atelier ou le matin des Grands Prix. Mais au final, cette recherche de perfection nuit au spectacle.

A Barcelone, on devrait, je le pense, avoir un peu plus de spectacle, avec très certainement deux arrêts aux stands, comme l’année dernière. Pirelli aura clairement les clés, en jouant avec des solutions un peu plus extrêmes d’un point de vue des pneumatiques.

Patrick Tambay

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