Les multiples vies de Bouna Sarr

Victorieux 3-0 à Rennes, l’OM commence parfaitement l’année 2018 en Ligue 1 Conforama. Auteurs d’une partie très correcte dans son ensemble, les marseillais ont tous été à la hauteur individuellement, notamment Bouna Sarr qui ne cesse d’impressionner à son nouveau poste. C’était pourtant pas gagné !

 

Le pari de Bielsa

Bouna Sarr est un joueur prometteur de L1 lorsqu’il signe à l’OM à l’été 2015 pour la modique somme de 1,5M€. Il est alors un pari de Marcelo Bielsa qui comme à son habitude, apprécie particulière ce profil de jeune joueur très perfectible. Les premières semaines sont très encourageantes puisque l’ancien joueur de Metz inscrit 2 buts en amical et fait planer de nombreux espoirs chez les supporters. Pourtant, il ne débute pas la saison au poste de titulaire lors de ce fameux match contre Caen qui verra El Loco démissionner de son poste d’entraineur. C’est un coup dur pour Sarr qui voit l’homme à l’origine de son recrutement s’en aller… Tout repart donc de 0, il lui faudra désormais plaire au prochain entraineur qui ne l’a pas choisi… Et cet entraineur se nommera Michel et ne comptera que moyennement sur un joueur qui joue des matchs mais rarement dans la peau d’un titulaire.

 

L’indésirable moqué

Les mois passent, le joueur ne parvient pas à montrer ses belles promesses entrevues à Metz et s’enfoncent petit à petit dans un jeu stéréotypé : crochets la tête baissée, longues courses inutiles les yeux dans le guidon, centres approximatifs et frappes qui s’envolent. Si Alessandrini n’est pas plus en forme, c’est d’abord Nkoudou puis Thauvin en seconde partie de saison (lors de son retour) qui occuperont les premiers rôles, laissant Sarr comme simple remplaçant. Son niveau est alors au plus bas et son apport est quasi inutile.

 

Une confiance retrouvée mais vite perdue

Presque un an après son arrivée, Bouna Sarr voit arriver déjà son 3ème coach qu’il avait déjà connu très rapidement après le départ de Bielsa. Au contraire de Michel, Passi va croire en Sarr qui une nouvelle fois se montre à son avantage lors des matchs amicaux. On se dit alors qu’il a digéré un transfert dans un club à forte pression mais l’embellie ne dure pas longtemps puisque le joueur va vite retomber dans ses travers. C’est alors que Passi tente un coup de poker, nous sommes le 21 septembre 2016 à Rennes, l’OM qui mène pourtant 2 fois au score s’enlise et après l’expulsion de Zinedine Machach, le coach olympien va contre toute attente positionner Sarr au poste d’arrière droit… Les moqueries fusent, d’une part parce que personne ne voit en Sarr un latéral et d’autre part parce que le joueur rate son match. Mais Passi fait fi de tout ça et va retenter le coup parfois avec succès, parfois sans.

 

Une reconversion officielle réussie

Avant la fin de l’année 2016, Rudi Garcia devient le coach de l’OM et dès le départ, il fait comprendre à Sarr qu’il ne comptera pas sur lui pour les postes offensifs. Quelques apparitions plus tard, la saison se termine et tout le monde s’attend à voir le joueur quitter le club. Mais lors de l’intersaison, Garcia explique à Sarr qu’il veut faire de lui un arrière droit pour concurrencer un Hiroki Sakai bien seul à ce poste. Encore une fois et c’est décidément une habitude chez lui, Sarr montre de belles choses en amical au poste qui est devenu le sien, celui de latéral droit.

Depuis, il ne cesse d’impressionner en faisait bien plus que dépanner en championnat mais également eu Europa League. Grâce à un travail fourni, il parvient à se placer là où il le faut sur la plupart des phases défensives, il est à l’aise au un contre un et met sa qualité technique au service de la contre attaque et des sorties de balle. Sans maitriser évidemment les codes du poste à 100%, il étonne par sa capacité d’adaptation et sa solidité qu’il met en avant grâce à un état d’esprit remarquable. Si tout n’est pas parfait, par exemple aujourd’hui à Rennes où 2 énormes occasions sont venues de son côté en première mi-temps, il permet à l’OM de rester en forme en défense malgré l’absence d’Amavi et du repositionnement de Sakai à gauche.

 

Longtemps moqués par les supporters marseillais et moi le premier qui ne l’ai pas épargné, Bouna Sarr renait de ses cendres et fait enfin son trou à un poste qu’il semble de plus en plus apprécier. De beaux lendemains à venir pour l’OM et le joueur. En tout cas on le souhaite.

LinoTreize

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