Les réservistes français séduisent, mais s'inclinent contre la Nouvelle-Zélande

RUGBY – Trois jours après la défaite des Bleus face aux All Blacks au Stade de France, les deux nations se retrouvaient à Lyon, dans un match où les équipes B étaient alignées de chaque côté. Si les Néo-Zélandais se sont de nouveau imposés (28-23), les Bleus “bis” n’ont pas démérité, loin de là.

Auteur d’un doublé, l’ailier de La Rochelle Gabriel Lacroix (à gauche, balle en main) a marqué les esprits

Avant cette rencontre inédite entre les équipes B de la France et de la Nouvelle Zélande au Groupama Stadium de Lyon, nombreux étaient ceux qui questionnaient l’intérêt sportif d’un tel match, non reconnu comme officiel par la fédération internationale (IRB), et programmé avant tout pour remplir les caisses de la fédération française (FFR). Ils sont sans doute beaucoup moins à s’interroger à présent, à l’issue d’une partie emballante, spectaculaire et riche en enseignements.

Une envie débordante

Le premier est que ces Bleus “bis”, libérés de la pression du match officiel et sommés de montrer au sélectionneur qu’ils méritent de passer en équipe A, ont affiché une envie débordante, une rage même, qui a trop souvent manqué au XV de France ces dernières années. Dans cette partie, la France a quasiment toujours couru après le score, à l’exception d’un court passage avec un point d’avance (15-14), autour de la mi-temps. Mais elle n’a jamais lâché, jamais laissé les All Blacks s’envoler irrémédiablement, comme ils avaient pu le faire samedi dernier à Saint-Denis.


Certes, côté black aussi, les titulaires avaient été laissés au repos, et cela s’est vu tant les imprécisions ont été inhabituellement nombreuses pour le XV à la Fougère. Sur le plan physique en revanche, ces All Blacks B n’ont pas grand chose à envier aux titulaires habituels. Et c’est en s’imposant dans le combat au près et en faisant voyager la balle trop vite pour les Français qu’ils sont allés chercher cette victoire.

Lacroix et Macalou prennent date

On retiendra cependant qu’en première période, Gabriel Lacroix a crevé l’écran, inscrivant un doublé (16e et 29e minutes) pour répondre aux essais de Squire (11e) et de Duffie (24e) et symbolisant la révolte des Bleus, mais aussi leur audace (son deuxième essai a été inscrit au bout d’une course de plus de 50 mètres, après une interception dans le camp adverse). Également en vue en défense, l’ailier du Stade Rochelais (24 ans) a marqué des points et sans doute gagné le droit d’obtenir sous peu sa première véritable sélection en match officiel.


D’autres réservistes supposés ont fait bonne impression ce mardi sur la pelouse lyonnaise, littéralement transformée en champ de patates après ce combat acharné. C’est notamment le cas du troisième ligne du Stade Français Sekou Macalou (22 ans), furieux en défense et auteur d’une percée phénoménale sur l’action du troisième essai bleu, inscrit par Henry Chavancy (73e). A ce moment, les Blacks restaient sur deux essais marqués de suite (52e, 56e) et semblaient se diriger vers une victoire facile. Elle fut tout sauf cela. Avec un cœur énorme, à l’image de leur capitaine Yoann Maestri, qui a sans doute regagné du crédit auprès du staff, les Bleus “bis” ont fait souffrir les jeunes Néo-Zélandais jusqu’au bout. Il appartient désormais à Guy Novès de tirer les leçons de cette nouvelle “défaite encourageante”. On est en tout cas prêts à parier que le sélectionneur ne regrette pas d’avoir fait le voyage jusqu’à Lyon…


 

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