L'Europe se reconfine face au COVID, mais la F1 garde confiance

Fabien Gaillard
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Après le reconfinement décidé en France et en Allemagne plus tôt cette semaine, c'est la Grande-Bretagne qui a sauté le pas ce samedi soir en annonçant le début d'une nouvelle période de confinement qui démarrera ce jeudi. La précédente période avait duré outre-Manche de mars à juillet, dans le but de réduire la vitesse et l'ampleur de l'épidémie de COVID-19, ce qui avait entrainé une chute du nombre de cas et de décès.

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Toutefois, comme la plupart des pays européens, l'arrivée d'une seconde vague qui semble devoir être plus intense qu'au printemps a forcé les autorités à faire le choix de ces mesures privatives de liberté pour tenter de la circonscrire. La Grande-Bretagne, siège d'une majorité d'écuries de F1, devrait ainsi être au moins confinée jusqu'au 2 décembre.

Le travail sera encouragé à se poursuivre, notamment dans le cadre des industries manufacturées, et même si les voyages internationaux seront grandement limités, il restera permis pour des raisons professionnelles. Pendant le premier confinement, un certain nombre d'écuries de F1 avaient dû placer tout ou partie de leur personnel en chômage partiel et avaient fermé les usines afin de réduire les dépenses avant que la saison ne débute en juillet.

Pour le moment, en dépit de ces mesures annoncées, les officiels de la Formule 1 se veulent confiants concernant le fonctionnement de la discipline, grâce aux exemptions qui permettent aux gens présents dans le paddock de pouvoir circuler.

"Des confinements très différents du printemps"

Interrogé par Motorsport.com sur les défis liés à un second confinement, le directeur de Mercedes Toto Wolff estime que le championnat sera capable de les relever. "Les confinements que nous voyons en Europe actuellement sont très différents des confinements du printemps. Au printemps, c'était une fermeture complète de toutes les activités, [une interdiction] d'aller travailler, d'être dans la rue."

"Je pense que cette fois, au moins de ce que nous pouvons voir en France et en Allemagne, l'accès aux bars, aux restaurants et aux lieux de loisirs est bloqué ou fait l'objet d'un couvre-feu, mais aller au travail est toujours autorisé pour ceux qui ont besoin d'aller travailler. Ça va avoir un impact sur nos vies, c'est sûr. Ça va lourdement impacter certaines industries. Mais je pense que nous pouvons trouver un moyen de le surmonter."

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Au calendrier, la Formule 1 a encore, après Imola, quatre Grands Prix à disputer, dont la Turquie dans deux semaines puis Bahreïn par deux fois fin novembre/début décembre et enfin Abu Dhabi pour clôturer l'année le 13 décembre. Toutes ces courses se tiendront à huis clos.

Pour Wolff, il est clair que c'est aux autorités de ces pays de décider des mesures à prendre mais il estime que la discipline représente un risque mineur en raison de ses protocoles strictes. "C'est aux autorités sanitaires des pays que nous visitons d'accepter les courses automobiles et de nous accueillir. S'ils décident que le risque est trop élevé, il est évident que nous ne pourrons pas y courir."

"Je pense que la Formule 1 a vraiment fait un excellent travail, la FIA, la FOM et les équipes, en organisant un championnat, contrairement à de nombreux autres championnats qui se déroulent de façon très réduite ou totalement confinée dans une zone donnée."

"Nous avons voyagé de pays en pays, nous sommes restés dans nos bulles, nous avons eu très peu de cas positifs au COVID. C'est pourquoi je ne pense pas que nous constituions vraiment un risque pour les pays que nous visitons, car nous sommes probablement le groupe de personnes le plus sûr qui soit." Sur plus de 60'000 tests effectués depuis début juillet, la F1 dit n'avoir compté qu'un total de 54 cas positifs.

Des derniers Grands Prix "très difficiles" ?

Du côté de McLaren, le team principal Andreas Seidl appuie la vision de Wolff. "Avec tous les protocoles, et les choses qui sont en places ici en F1, dans notre petit monde, je pense que nous sommes encore assez en sécurité. La santé et la sécurité de notre personnel sont protégées, c'est le plus important."

"Mais, bien sûr, nous voyons ce qui se passe dans le monde et il est également clair que nous ne sommes pas tous à l'abri, malgré tous les efforts que nous faisons face à cette pandémie. La situation est assez dynamique pour l'instant. Il n'y a pas de changement de plans, nous prévoyons toujours de faire les courses qui arrivent. Et je pense qu'il faut simplement le prendre de cette manière."

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Pour le responsable de la performance du véhicule, Dave Robson, il est "difficile de savoir" quel sera l'impact du second confinement sur les écuries, mais il se veut relativement optimiste quant à la suite et la fin de la saison 2020. "Avec tout ce qui est en place, je pense que nous avons une bonne chance de voir [la saison] se terminer, mais inévitablement quand nous allons revenir à la maison, et même juste pour faire le voyage vers et depuis ces endroits, nous serons de plus en plus exposés au risque comme l'est la population globale."

"Les cas augmentent, donc c'est difficile à dire. Je pense que nous avons fait et faisons tout ce que nous pouvons, mais ça peut devenir difficile assez rapidement. Pour le moment, ça a fonctionné, probablement bien mieux que ce que nous pensions au printemps, mais les toutes dernières courses vont assurément être très difficiles. La seule chose que je puisse dire, c'est que ça sera clairement dur."

Avec Luke Smith, Adam Cooper et Jonathan Noble