L'expédition XXL de Fred Degoulet et Benjamin Ribeyre dans le massif du Mont-Blanc

Du 8 au 17 juillet, les alpinistes français Fred Degoulet et Benjamin Ribeyre ont réalisé une expédition de grande ampleur dans le massif du Mont-Blanc : ils ont réalisé un tour de la Mer de Glace par les arêtes sommitales de 55 km.

Il est toujours possible de partir en expédition alpine dans le massif du Mont-Blanc. C'est en tout cas ce que vient de réaffirmer la cordée composée de Fred Degoulet et Benjamin Ribeyre. Partis le 8 juillet de l'église de Chamonix, les deux hommes, guides de haute montagne, ont pris la direction du massif alpestre pour neuf journées d'alpinisme, du lever au coucher du soleil.

« L'idée est partie de la période Covid, on a imaginé une expédition dans notre jardin. Un truc d'ampleur, dans le style d'une expédition en Himalaya en termes de logistique et d'engagement. On avait envie de faire de l'alpinisme sans voyager en fait », explique Fred Degoulet.

12 000 m de dénivelé

À la clé, un « empilement de voies classiques sans jamais redescendre dans la vallée » est dessiné sur la carte des deux alpinistes : 55 km et 12 000 m de dénivelé d'arêtes rocheuses techniques autour du célèbre glacier de la Mer de Glace, au-dessus de Chamonix dans le massif du Mont-Blanc. « Ce n'est pas particulièrement la difficulté de chaque arête ou chaque sommet qui a rendu la chose difficile mais plutôt le nombre d'heures passées, jour après jour, en progression d'alpiniste », explique Benjamin Ribeyre. « Statistiquement, c'est un petit miracle qu'on en soit sorti sans blessure. »

Finalement, les deux alpinistes ont passé 96 heures à grimper en neuf jours : « On s'assurait comme on pouvait pour limiter le risque. On avait un jeu de friends (outils permettant de s'ancrer dans les fissures du rocher), mais on avançait le plus souvent ''corde tendue'', vigilants, en utilisant les reliefs pour faire passer la corde et en ne dépassant jamais dix heures d'escalade par jour », poursuit Ribeyre, papa d'un petit garçon de trois mois. « C'est vrai que je me suis posé la question de l'engagement maintenant que je suis père et c'est aussi pour ça qu'on s'est fixé des règles pour limiter le risque au maximum. »

Fred Degoulet

« Il nous fallait de la neige à faire fondre pour avoir de l'eau »

Autre défi, la logistique : les deux alpinistes ont pris la décision de ne pas porter plus de deux jours et demi de nourriture à la fois, sur la base de 5 000 calories par jour. « En amont, on est allés cacher de la nourriture à deux endroits du parcours pour pouvoir nous ravitailler, explique Degoulet. Mais le plus dur ça a été les bivouacs : la montagne est très sèche en ce moment. C'est d'ailleurs inquiétant de voir à quel point tout a fondu là-haut. Et en ce qui nous concerne, cela voulait dire des difficultés à trouver les emplacements de nos bivouacs car il nous fallait de la neige à faire fondre pour avoir de l'eau. » Leur breuvage s'est au final limité à une plaque de glace boueuse... pleine de moucherons figés.

De retour devant l'église de Chamonix le 17 juillet, les deux hommes retiennent l'aventure qu'ils ont vécue plus que les difficultés rencontrées. « Finalement, dans un quotidien de guide et d'alpiniste, ce n'est pas si souvent que nous avons l'occasion de passer dix jours en immersion totale dans la montagne. C'était vraiment spectaculaire, on s'est vraiment prouvé que l'on pouvait vivre une belle expédition juste à côté de chez nous », conclut Fred Degoulet.

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles