L'humeur - Footix est mort

L'Equipe.fr
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L'humeur d'Anne-Sophie Bourdet

Mercredi dernier, l'hôtesse blonde de ce rectangle gris a crié son désamour à Novak Djokovic et a récolté en retour une volée de messages d'insultes. Même si cette dame a le grand défaut de ne point parler serbe, elle a tout de même compris qu'il lui était promis les sévices les plus inventifs pour ne plus qu'elle utilise un clavier de sitôt. C'est donc en tremblant comme un joueur marseillais face à un adversaire canétois que l'hôtesse brune prend le relais cette semaine.

Un mercredi de Ligue des champions, un soir de grand spectacle, PSG-Barça, sortez les Curly, les bières, et faites péter le couvre-feu. « On va soutenir le PSG, hein, il est formidable ce petit Mbappé », me dit mon père, un Aubagnais qui se vante encore d'avoir serré la main de son idole, Roger Magnusson.

Nous y voilà une fois de plus, tous virtuellement main sur le coeur devant l'écran plat, l'union sacrée derrière le dernier club français sur la scène européenne, chapitre 25. Ce très cher indice UEFA, la petite musique, les frissons, on sait. On sait surtout qu'en 1976, si la France entière avait le coeur vert, c'est parce que le petit pays de football avait grand besoin de repousser les frontières. Que quand un feu prenait quelque part, faute d'allumettes, on venait s'y réchauffer en oubliant de quel bois on se chauffait d'habitude.

Depuis 1998, les occasions de beugler de joie et en choeur sur le canapé du salon ne manquent plus, merci nos Bleus. Ce qui laisse largement de la place dans les coeurs pour la couleur qu'on s'est choisie enfant et non celle que l'indice UEFA nous susurre doctement. Fini la culpabilisation, au feu la casquette Footix. Ce soir, pour ma part, je vais sortir les Curly, la bière, respecter quand même le couvre-feu et m'affaler devant une affiche de foot qui fait saliver au-delà de tout « partisanisme ». Mais excusez-moi d'avance si mon seul espoir au coup d'envoi porte sur la qualité du spectacle et non sur le nom du vainqueur.