L'humeur du jour - L'humeur de Stéphane Kohler : « Bercy beaucoup »

L'Equipe.fr
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À peine remis des émotions du dernier Roland-Garros et d'une finale masculine au suspense soutenable, voici que déboule sous nos yeux reconfinés le tournoi se déroulant dans le quartier de Bercy, puisqu'on n'a plus le droit de l'appeler Bercy depuis de longues années. Quelques anecdotes de plus ou moins bon aloi reviennent en mémoire à l'évocation de ce temple du tennis indoor, où le huis clos de 2020 contrastera singulièrement avec les lazzi habituels d'un public dissipé et volontiers frondeur, beaucoup moins timoré que Porte d'Auteuil en tout cas. Exemple célèbre : Henri Leconte fut traité de tous les noms quand il affronta John McEnroe en 1988, récoltant dès l'échauffement un accueil assez peu V.I.P. : « T'es qu'une merde, casse-toi ».

Battu par Carlos Moya en 1996, Boris Becker compara même l'enceinte à un zoo, ajoutant : « Quand je quitte ce tournoi, je suis à la limite de me faire hospitaliser ». La même année, Cédric Pioline expédia non pas un coup droit boisé mais un bras d'honneur vers le public après sa défaite en demi-finales contre Evgueni Kafelnikov. Tout ne fut pas si noir. À une époque où le masque n'était pas obligatoire dans le métro et donc l'anonymat peu garanti, le légendaire Stefan Edberg utilisait ainsi et de temps en temps les services de la RATP pour effectuer le trajet entre son hôtel des Tuileries et Bercy. En toute fin de soirée après son match, sur le trajet inverse mais cette fois dans une voiture de l'organisation, un célèbre joueur aimait quant à lui rapporter du POPB son dîner gratuit dans un doggy bag plutôt que de payer un dispendieux room service. Il n'y a pas de petites économies ! D'ailleurs, même en repos, certains journalistes n'hésitaient pas non plus à traverser tout Paris pour rallier Bercy et s'offrir un déjeuner convivial et parfois bien arrosé aux frais de la princesse ou plutôt de la FFT. Royal au bar !