Ligue 1 : Lille et Marseille au bout de l'ennui

Rémy Cabella et Junior Alonso (AFP)

Dans un match d’une grande pauvreté technique, le LOSC et l’OM n’ont pu se départager au Stade Pierre-Mauroy (0-0). Globalement dominés et particulièrement inoffensifs, les Phocéens ont signé une prestation bien moins convaincante que lors de leurs dernières sorties.

Quelques jours après la magnifique qualification de Monaco face à Manchester City en Ligue des champions, les deux derniers “nouveaux riches” du football français ont pu mesurer le chemin qu’il leur reste à parcourir avant d’espérer pouvoir rivaliser avec les actuelles puissances financières de la Ligue 1. Tous deux récemment rachetés par des investisseurs ambitieux, Lille et Marseille s’affrontaient ce vendredi soir au Stade Pierre-Mauroy et, autant le dire clairement, le “choc” entre l’ancien et le futur (?) clubs entraînés par Marcelo Bielsa n’a pas produit grand chose en matière de spectacle.

Intense mais plutôt brouillon, le début de partie donnait le ton d’un match où les imprécisions techniques allaient constituer un fil rouge. Pris à la gorge par le pressing lillois, les Marseillais avaient un mal fou à entrer dans la rencontre, mais leurs adversaires, trop maladroits, n’en profitaient pas. Peu à peu, les débats s’équilibraient et si à la pause, les occasions franches se comptaient sur les doigts d’une main, le match s’emballait quelque peu au retour des vestiaires, mais là encore, le dernier ou l’avant-dernier geste étaient systématiquement manqués, d’un côté comme de l’autre. En fin de partie, l’OM semblait se contenter du 0-0, tandis que le LOSC poussait et s’offrait même une énorme occasion, sur une tête d’Eder sortie par un arrêt phénoménal de Pelé. Le gardien phocéen venait de sauver le point du match nul (0-0), et accessoirement de réaliser le plus beau geste de la rencontre, de très loin.


Marseille régresse

Revenu à la 5e place de Ligue 1, auteur de 10 buts sur ses 3 derniers matches, l’Olympique de Marseille paraissait en progrès depuis quelques semaines. En cette fin d’hiver, le projet de jeu de Rudi Garcia semblait commencer à se mettre en place, avec une complicité naissante dans les mouvements offensifs. Mais ça, c’était avant la bouillie de football proposée ce vendredi soir au Stade Pierre-Mauroy. Perturbé par le pressing haut du LOSC, l’OM n’a jamais pu poser le pied sur le ballon dans cette partie. Sans inspiration, ni ligne directrice, les Phocéens se sont petit à petit résolus à une stratégie frileuse, dans l’optique de conserver le 0-0 (Sanson remplacé par Doria pour les 10 dernières minutes !). A peu de choses près, on a cru revoir à Lille l’OM du tout premier match de l’ère Rudi Garcia, qui avait obtenu le nul face au PSG au Parc des Princes, le 23 octobre dernier. Le problème, c’est que cinq mois se sont écoulés depuis ce 0-0 initial, et qu’en face ce vendredi soir, ce n’était pas le quadruple champion de France en titre, mais bien le 14e de L1…


Pelé impressionne

Le départ l’été dernier du capitaine de l’OM Steve Mandanda, après neuf saisons passées à Marseille, aurait pu constituer un séisme aux répercussions dangereuses pour le club phocéen, littéralement porté à bout de bras par son gardien la saison dernière. Mais il n’en a rien été. L’OM avait en effet déjà dans son effectif un portier susceptible d’assurer la succession avec brio. Lorsque Franck Passi avait annoncé en début de saison donner sa confiance à Yohann Pelé pour le poste de gardien titulaire, certains étaient sceptiques. Ils ne le sont pas restés longtemps. Irréprochable et régulier depuis le début de saison, “l’Albatros” a su se montrer décisif à plusieurs reprises, en réalisant quelques arrêts mémorables. Ce vendredi soir, il a tout simplement évité la défaite aux siens en sortant une parade monumentale sur une tête d’Eder à bout portant. Désormais sur le banc lillois, Franck Passi a pu constater, à ses dépens, qu’il ne s’était vraiment pas trompé sur le cas Pelé…


Rodolphe Desseauve

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages