Ligue 1: l'OGC Nice plongé dans le flou imposé par Ineos

Huitième dans le meilleur des mondes, douzième dans le pire, la saison quatre du projet Ineos à Nice va se conclure dans le ventre mou du championnat. "Avec un investissement raisonnable et mesuré, nous voulons faire de l’OGC Nice un club capable de participer régulièrement aux compétitions européennes. Et surtout capable d’y performer", disait Jim Ratcliffe lors du rachat du club à l’été 2019, une époque où la Conférence League n'existait pas.

"Ne pas faire les mêmes erreurs"

Le capitaine Dante a tiré la sonnette d’alarme après le match contre Toulouse en Ligue 1 (0-0): "La meilleure chose à faire, c’est de faire une équipe forte au plus vite pour bien démarrer la saison prochaine. Cette saison, on le sait très bien, au dernier jour du mercato il y a six-sept joueurs qui sont partis et six qui sont arrivés. C’est compliqué. Il faut simplement ne pas faire les mêmes erreurs." L'exemplaire Brésilien craint de vivre une intersaison similaire à celle de l’an dernier, qui a débouché sur les résultats que l’on connaît. Débutée à Toulouse en août avec un trio offensif composé d’Amine Gouiri, Andy Delort et Calvin Stengs, la saison a pris ensuite une autre tournure en fin de mercato estival, sans obtenir pour autant les résultats escomptés.

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Le rachat de Manchester United, élément perturbateur

Au club, on regrette qu’il n'y ait "plus d’élan collectif" dans les prises de décisions et d’orientations pour les mois à venir. Et pour cause, Ineos se préoccupe davantage du rachat de Manchester United plutôt que de la préparation de la saison prochaine des Aiglons. D’où la déclaration du "CommanDante" qui s’inquiète de la situation. En effet, les dirigeants nommés en cours de saison et censés incarner le renouveau, Florent Ghisolfi (directeur sportif) et Fabrice Bocquet (directeur général), sont confrontés à l’organigramme du club pour valider certaines décisions. En l'occurrence, Jean-Pierre Rivère (président), Dave Brailsford (directeur des sports d’Ineos) et Jim Ratcliffe (propriétaire). Des noms auxquels il faut ajouter depuis février celui de Jean-Claude Blanc (directeur général d'Ineos Sport). Des décideurs qui, pour la plupart, ont les yeux tournés vers Manchester.

L'incertitude règne sur le banc comme sur le pré

Patrick Vieira, Adrian Ursea, Christophe Galtier, Lucien Favre et Didier Digard se sont déjà succédé sur le banc niçois depuis l’arrivée d’Ineos. Un sixième nom pourrait s’ajouter à la liste cet été. Le dernier cité n'a pas reçu dernièrement de soutien de la part de ses dirigeants et se trouve également dans le flou concernant son avenir à Nice. Sans feuille de route clairement établie, Florent Ghisolfi marche sur des œufs. Difficile pour l’ancien lensois d’attirer un nouvel entraineur, de nouveaux joueurs ou encore de retenir ses meilleurs éléments. Il travaille néanmoins sur ces dossiers tout comme Dave Brailsford, qui après un premier mercato raté l’an dernier veut retenter sa chance.

Le public tourne le dos au club

La direction prise par l’OGC Nice n’est pas claire et les supporters l’ont compris. Depuis plusieurs semaines et notamment l’échec en quart de finale retour de Conférence League contre Bâle, le fil est rompu. Lassés, ils tournent le dos à cette fin de saison dénuée d’enjeu: "Nos joueurs ne donnent plus rien sur le terrain. Si vous ne voulez pas jouer, pourquoi vous encourager ?", taclent les "North Side". Résultat, à peine 10.000 supporters pour la réception de Toulouse dimanche dernier, soit moins d’un tiers de la capacité d’accueil de l'Allianz Riviera. "Déçu", Didier Digard a considéré après la rencontre que "les joueurs ne méritaient pas ça":

"J'ai joué un paquet de maintiens et sincèrement, je n'avais jamais vu ça." Difficile d’imaginer une évolution positive dans la relation refroidie entre l’OGC Nice et son public d’ici la dernière journée, le 3 juin contre l’Olympique Lyonnais.

Article original publié sur RMC Sport