Ligue des champions d'Afrique : une finale bouillante entre les clubs égyptiens d'Al-Ahly et Zamalek

·4 min de lecture

La finale de la Ligue des champions d'Afrique va opposer vendredi deux clubs rivaux, Al-Ahly et Zamalek. Les duels enflammés de ces deux équipes du Caire dominent depuis longtemps le football égyptien et africain.

Pour la première fois de son histoire, la finale de la Ligue des champions d'Afrique, vendredi 27 novembre, va voir s'affronter deux clubs d'un même pays, mais aussi d'une même ville : les grands rivaux cairotes Al-Ahly et Zamalek.

L'ex-patron de la Ligue arabe Amr Moussa, lui-même né au Caire, a même été jusqu'à les surnommer "les deux plus grands partis populaires" d'Égypte. La rivalité historique entre Al-Ahly et Zamalek s'est exacerbée récemment, en particulier après leur rencontre de Supercoupe d'Égypte en septembre 2019, remportée par Al-Ahly 3-2. Le match avait été suivi d'incidents.

"Ahly et Zamalek sont comme des frères, et malheureusement le fanatisme existe seulement parmi les supporters", assure Hazem Emam, ex-joueur de Zamalek et de l'équipe nationale.

Al-Ahly a déjà remporté huit fois le titre de la Ligue des champions d'Afrique et 42 fois celui de champion d'Égypte. Zamalek a empoché le titre africain cinq fois, à égalité avec le club congolais du Tout Puissant Mazembé, et compte 12 titres égyptiens.

Des tensions autour de cette rencontre

La rivalité historique entre Al-Ahly et Zamalek fait craindre des débordements entre les supporters, poussant les autorités du pays à se mettre en état d'alerte maximale.

Lundi, le ministre égyptien des Sports, Ashraf Sobhi, a appelé à une rencontre pour dire "non au fanatisme", au stade international du Caire. Malgré cet appel à la modération, les esprits ont commencé à s'échauffer sur les plateaux de télévision, ce qui a incité l'Autorité nationale des médias à suspendre plusieurs programmes.

Les gouvernorats du pays sont en alerte maximale en raison de possibles incidents entre supporters, mais le gouvernement dit ne pas avoir imposé de couvre-feu. Les fans devraient pouvoir regarder le match à la télévision dans des clubs ou centres pour la jeunesse, mais pas dans les cafés et lieux publics.

En raison de la pandémie de Covid-19, la rencontre se déroulera à huis clos au Caire. Dans un communiqué commun, la Confédération africaine de football (CAF) et la Fédération égyptienne de football (EFA) ont justifié leur décision en assurant que "leur priorité absolue était d'assurer la sécurité des familles du football égyptiennes et africaines". La finale se tiendra donc sans spectateurs dans le stade international du Caire, d'une capacité de 74 000 places.

Le Covid-19 s'invite dans les vestiaires

Parallèlement, le Covid-19 est venu perturber les deux équipes après l'infection des joueurs d'Ahly Walid Soliman, Mahmoud Abdelmoneim "Kahraba", Saleh Gomaa, et de celui de Zamalek Mahmoud Hamdi "Al-Wansh", ainsi que l'entraîneur adjoint Medhat Abdelhadi. D'autres joueurs, comme Hazem Emam et Mohamed Hassan de Zamalek, sortent de convalescence.

Selon Hazem Emam, le "football collectif" constitue le trait distinctif d'Al-Ahly depuis l'arrivée de l'entraîneur sud-africain Pitso Mosimane en octobre. Il a remplacé le Suisse René Weiler, utilisant comme atouts majeurs le gardien de but Mohamed el-Shenawi et le joueur star Mohamed Magdi "Afsheh". Ahly peut également compter sur le défenseur tunisien Ali Maaloul, le milieu de terrain malien Aliou Dieng et l'attaquant nigérian Junior Ajayi.

Entraîneur de Zamalek, le Portugais Jaime Pacheco se dit pour sa part confiant en ses joueurs, leurs fortes personnalités, leur capacité à "faire plaisir aux supporters". Avec son ancien entraîneur français Patrice Carteron, Zamalek avait remporté la Supercoupe d'Afrique en février aux Émirat arabes unis contre l'Espérance Tunis (3-1). Si Mahmoud Hamdi "Al-Wensh", l'un des meilleurs défenseurs égyptiens, sera absent, Mahmoud Alaa sera présent pour compenser.

Pour atteindre cette finale, Al-Ahly s'est qualifié en battant le Wydad de Casablanca (2-0 et 3-1). Et Zamalek l'a emporté sur le Raja Casablanca (1-0 et 3-1), après plusieurs reports de matches en raison du nouveau coronavirus.

Les deux équipes se sont déjà affrontées en Ligue des champions en 2005, 2008, 2012 et 2013. Al-Ahly l'a emporté cinq fois et trois matches se sont soldés par un nul. Mais c'est la première fois que les deux rivaux cairotes s'affrontent pour le titre suprême du football africain.

Avec AFP