Ligue des champions : le passé douloureux du PSG contre la Juventus

Gérard Janvion lors du huitième de finale retour de Coupe des Coupes en 1983. (CARON PICHON/L'Équipe)

La confrontation entre le PSG et la Juventus en phase de groupes de la Ligue des champions sera une première sous l'ère qatarienne. Et si le club parisien semble en position de force cette saison, le nom de l'adversaire réveille des souvenirs douloureux.

Le PSG est tombé jeudi dans un groupe de Ligue des champions chargé d'histoire avec la Juventus, Benfica et Haïfa. Éliminés par le Maccabi au premier tour de la Coupe des Coupes en 1998, toujours vaincus à l'Estadio da Luz, les Parisiens ont surtout un passé difficile avec leur adversaire turinois, principal obstacle de cette phase de groupes.

De toute son histoire, Paris n'a jamais battu les Bianconeri, chutant à six reprises en huit rencontres européennes. Et la Vieille Dame a toujours soulevé le trophée après avoir croisé la route du PSG.

Saison 83/84 : « La valse des regrets »

Pour leur première confrontation, en 8e de finale de la Coupe des Coupes, le Paris Saint-Germain et la Juventus se quittent sur un score de parité (2-2). Un match nul empli de regrets pour les Parisiens, emmenés par Safet Susic et Alain Couriol, qui auraient mérité une victoire face aux Ballons d'Or Michel Platini et Paolo Rossi (1983, 1984 et 1985 pour le Français, 1982 pour l'Italien).

Mais le club de la capitale n'a pas su garder l'avantage pris avant la pause grâce à son attaquant français et a vu la Juve égaliser puis mener avec des réalisations du Polonais Zbigniew Boniek et de l'Italien Antonio Cabrini. Même si Michel N'Gom arrache l'égalisation, Turin se qualifiera « à l'italienne » lors du match retour (0-0), puis remportera la compétition en battant Porto en finale. « Malgré tous ses efforts méritoires, Paris ne put atteindre le but qu'il recherchait tant. C'était malheureux, mais ainsi va parfois le football », écrivait Victor Sinet dans nos colonnes le 3 novembre 1983.

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Saison 89/90 : « Le crime parfait »

Paris ne le sait pas en abordant son deuxième tour de Coupe de l'UEFA 1989-1990 mais plus jamais il ne tiendra la Juve en échec, en tout cas au tableau d'affichage. Si les Rouge et Bleu démarrent bien leur match aller, ils se font piéger sur un contre après l'heure de jeu et chutent (0-1). « Le crime parfait », écrit Rémy Lacombe dans L'Équipe du 19 octobre.

Au match retour, les rêves d'exploit sont encore vivaces quand Daniel Bravo égalise à 1-1 à la demi-heure. Mais les Bianconeri portent « le coup de grâce » à six minutes du terme, sur une frappe de Luigi De Agostini détournée par Jean-Pierre Bosser (2-1, 3-1 au cumul). La Juventus gagne l'ancêtre de la Ligue Europa quelques semaines plus tard, face à la Fiorentina.

Saison 92/93 : « Incorrigibles »

Encore une fois Paris accroche Turin sur la pelouse, mais encore une fois le résultat lui est défavorable. En demi-finales de la Coupe de l'UEFA, le PSG subit les mêmes travers qui lui ont coûté de sévères sorties de route dans son histoire plus récente : il ne sait pas tenir un résultat. Ce que traduits en une phrase Rémy Lacombe : « Mais quand donc les Parisiens comprendront-ils qu'un match dure 90 minutes ? »

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Alors que le match nul en Italie semblait assuré grâce à un but de George Weah en première période, Antoine Kombouaré se rend coupable d'une faute dans les dernières secondes de la rencontre et Roberto Baggio trouve la lucarne (2-1). Deux semaines plus tard, ce même Baggio marque à nouveau pour écarter le PSG aux portes de la finale. Les Italiens remporteront le trophée en battant deux fois Dortmund (3-1, 3-0).

Saison 96/97 : « Ridicule ! »

16 janvier 1997, finale aller de Supercoupe d'Europe. Le journal L'Équipe n'a pas de mot assez fort pour qualifier la prestation du PSG qui, la veille, a abandonné la victoire finale à la Juve : « Ridicule ! », qualifie-t-on cette première manche remportée 6-1 par les Bianconeri. « La Juventus Turin a remporté hier soir la deuxième Supercoupe d'Europe de son histoire. Car personne n'imagine que le PSG, broyé 1-6 hier soir chez lui, puisse renverser la situation dans quinze jours à Turin », écrit-on.

Les mots sont durs mais à la hauteur de la claque subie par le club de la capitale face à Zinédine Zidane et ses partenaires. Menés 4-0 dès la mi-temps, hués par leur public, les Parisiens, vainqueurs de la Coupe des Coupes en 1996, sauvent l'honneur par Rai sur penalty au retour des vestiaires. Mais le Brésilien n'empêche ni la rage du président d'alors, Michel Denisot, disant sa « honte », ni la défaite au match retour malgré un nouveau penalty (3-1, 9-2 au cumul).

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