Ligue A (H) : comment Tourcoing reste invaincu en jouant hors de son stade

Les Tourquennois ont battu Poitiers (3-1) dimanche dernier au Vélodrome de Roubaix. (L. Baës/TLM)

Le temps d'une rénovation, les Tourquennois ont quitté leur salle historique. Ils s'entraînent à Roubaix et n'ont plus de vrais matches à domicile. Une contrainte qui n'empêche pas le TLM d'être la seule équipe encore invaincue.

« Le 15 octobre à Harnes, le 23 à Roubaix, le 26 novembre à Orchies, venez nombreux ! » Cette saison, le TLM est en tournée dans le Nord. Les volleyeurs tourquennois ne se sont pas transformés en trapézistes, mais ils ont dû quitter leur salle Léo-Lagrange le temps de gros travaux et sont « sans salle fixe ». Deux ans de camping avant de retrouver un complexe « plus fonctionnel, moderne et adapté », dit la municipalité, le tout pour un budget de 14 M€ financé par la Région, le Département, la métropole lilloise et l'État.


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« On n'est pas dans le confort quotidien qu'on aurait pu avoir », admet l'entraîneur Mauricio Paes. Tels de jeunes collégiens débarquant en 6e, difficile pour les Nordistes de ne pas se tromper de salle. Les entraînements se sont d'abord déroulés à Tourcoing, où la rénovation n'avait pas encore commencé. Les volleyeurs attendaient surtout que le Vélodrome de Roubaix, réquisitionné pour les Mondiaux de cyclisme sur piste, soit libéré. C'est désormais le cas et le TLM s'entraîne depuis dix jours au milieu de la piste.

Volleyeurs et pistards sont devenus collègues de bureau : pendant que les premiers s'entraînent, les seconds leur tournent autour. Petit à petit, les Tourquennois prennent leurs marques dans leur nouveau centre d'entraînement, à seulement 7 km de leur QG d'origine. « On a presque découvert la salle avec Poitiers (dimanche, victoire 3-1) », sourit l'entraîneur brésilien. Une belle découverte : ils se sont imposés sans passer par le tie-break, une première pour eux cette saison. Ils devront aussi s'habituer aux salles de Harnes (où ils ont déjà battu Chaumont, 3-2) et d'Orchies, et pourront peut-être se lancer dans la rédaction du guide du Routard des meilleures salles du 59 d'ici à la fin de la saison. « On n'a pas de vrais matches à domicile », grimace le nouveau capitaine du TLM, Moritz Reichert.

Malgré tout, les Tourquennois positivent : « C'est une belle occasion de développer notre capacité d'adaptation, mais ça demande plus », nuance Mauricio Paes. « Il faut une ou deux semaines pour sentir la salle. Après, on aura l'habitude et ce sera peut-être un avantage : quand les autres équipes viendront jouer dans le vélodrome, ce sera plus difficile pour eux », enchaîne Reichert. Le président du club, Pascal Lahousse, y voit aussi l'occasion « d'agrandir le rayonnement du club, de conquérir un autre public ». Car ces délocalisations ont aussi un coût : le budget de la saison a augmenté de 30 % par rapport à l'an dernier (soit environ 300 000€).


Un groupe plus mature

Jusque-là, les Tourquennois ne semblent pas trop perturbés par cette organisation bancale. Après quatre journées, ils sont les seuls invaincus en Ligue A. Ils n'occupent pas pour autant la place de leader puisqu'ils ont la fâcheuse tendance à faire durer le suspense : trois de leurs quatre victoires se sont dessinées au cinquième set. « Pendant le match, il y a des phases où on joue très bien et d'autres où on enchaîne des fautes. On a parfois des trous d'air. Il faut qu'on travaille pour jouer avec plus de stabilité », se projette Reichert. Mais s'imposer au tie-break est aussi la démonstration d'une équipe au mental solide. Le TLM a battu Sète, Narbonne, puis a renversé Chaumont après avoir été mené deux sets à rien. « Même à 2-0, on voyait qu'ils n'étaient pas en train de paniquer », analyse l'entraîneur. « Ces matches-là, on les aurait perdus l'an dernier », appuie Lahousse.

Éliminé dès les quarts de finale du Championnat la saison passée par... Chaumont en cinq matches, Tourcoing s'est renforcé cet été avec les arrivées de deux réceptionneurs complémentaires, le Canadien Ryley Barnes et l'Allemand Reichert. « Un joueur qui met beaucoup de rigueur et d'engagement, le complimente Mauricio Paes. C'est un capitaine exemplaire, qui apporte énormément de stabilité. Il a un vrai rôle de leader, sans être exubérant. Il prend soin des joueurs. » Le TLM a pris de l'âge et de la hauteur, aussi, avec le géant brésilien Renan Buiatti (2,17 m, 32 ans). « Le leitmotiv, c'était d'aller chercher des joueurs plus matures, plus âgés, des internationaux habitués aux matches de très haut niveau et au combat », confirme Lahousse.


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Une stratégie pour faire grimper la moyenne d'âge du groupe, qui n'atteignait que 23 ans l'an dernier et a fait défaut lors des matches serrés. De leur côté, les jeunes Eliot Coulet (20 ans), Grégory Gempin (21 ans) et Thibault Loubeyre (21 ans) ont engrangé de l'expérience avec l'équipe de France des moins de 22 ans. « Tout ça fait une bonne combinaison », résume Mauricio Paes. Qui ne demande qu'à se poursuivre, ce vendredi soir à Paris.