Lilou, légende du breaking : « Beaucoup de jeunes très prometteurs » en France

Lilou, légende du break. (Red Bull BC One)

Avant la première étape internationale comptant pour la qualification aux JO de Paris 2024 pendant le Fise de Montpellier, Lilou (38 ans), seul double champion du monde français et légende de la discipline, évoque le niveau français.

« Aucun b-boy français n'a remporté le Red Bull BC One (l'équivalent du Championnat du monde) depuis 2012. Quel regard vous portez sur le niveau français à l'international ?
La France a toujours été dans le top 3 mondial, une grosse nation mondiale du break. Là, c'est vrai que ça fait quelques années que la France a du mal à garder son statut en un contre un. Mais toute la génération de danseurs qui ont la vingtaine, la génération à venir, il y a vraiment quelque chose à faire, il y beaucoup de jeunes très prometteurs, comme Kimie et Marlone (Alvarez), qui ont décroché une wild-card (pour la finale mondiale du Red Bull BC One). Ils sont tous jeunes, tous frais, ils ont envie de tout arracher, mais il faut qu'ils prennent de l'expérience à l'international : tomber, se relever, repartir au combat. Beaucoup marquent les esprits en France et quand ils vont à l'international, ça pète pas comme ça devrait. C'est juste ce petit truc qui manque, qui ne se gagne qu'en enchaînant les battles face aux meilleurs mondiaux.

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Est-ce que le niveau international a explosé ces dernières années ?
Il n'a pas explosé de ouf. Il y a eu des nouveaux moov (ements) assez techniques où on se dit 'wow, c'est chaud . Mais le côté acrobatie n'est pas forcément plus mis en avant. Pour moi, c'est pareil. Le niveau technique et le flow, le style, comptent à parts égales. L'Asie, c'est vrai qu'ils produisent de bons spécimens. En ce moment, c'est chez les jeunes et les b-girls que le niveau augmente très très rapidement. C'est ouf. Je pense que c'est leur assiduité, leur manière de s'entraîner qui fait que.

Pourquoi en France, il y a eu un écart entre ces deux générations ?
Toute ma génération a vraiment eu l'expérience d'aller défendre nos couleurs à l'étranger. La génération d'après n'a pas vraiment eu ça car la France a accueilli énormément de battles. On est les plus gros organisateurs de battle, donc à un moment, on n'avait pas forcément besoin d'aller loin pour avoir tous les week-ends des battles avec un gros niveau. Et je pense qu'on a loupé quelque chose par rapport à ça sur cette génération-là. C'est pour ça que je parle de celle d'après. Eux ont notre génération des grands frères pour leur dire 'pour monter sur les podiums, il faut faire ça'. Nous, on ne l'a pas eu avec les anciens. Mais c'est aussi parce qu'il y avait pas le même type de battle. Il y a eu beaucoup de battles en groupe. Il y a eu Wanted, Vagabond, Pockemon (des équipes mythiques en France, multiples championnes du monde). En termes de un contre un (le format olympique à Paris), c'est au milieu des années 2000 que ça a commencé, avec Red Bull (et la création du Red Bull BC One, l'événement le plus prestigieux en un contre un). Moi, je fais partie de cette première génération issue des un contre un. On a le bagage et les connaissances pour en parler derrière et ça va leur servir. »

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