Loeb : "J’aurais pu rester comme celui qui ne perd jamais"

Basile Davoine
motorsport.com

Après avoir fait le choix de renoncer à sa participation au Rallye de Suède, est revenu sur l'approche qu'il adopte depuis qu'il a relevé le défi d'une présence partielle en WRC avec Hyundai. Le Rallye Monte-Carlo a constitué une désillusion pour le nonuple Champion du monde, qui n'a pas caché y avoir vécu "la course la plus frustrante" de sa carrière. Dans la foulée, c'est une discussion franche et ouverte avec son directeur d'équipe Andrea Adamo qui a provoqué son retrait de la liste des engagés en Suède. Une ouverture d'esprit que l'Alsacien a appréciée. 

"Avoir ce type de conversation avec le boss de l’équipe, d’une manière aussi simple et franche comme c’est le cas avec Andrea, c’est juste incroyable", souligne-t-il dans sa dernière chronique. "Il faut être conscient de ça. OK, j’ai peut-être la lucidité de me mettre en retrait pour le bien de l’équipe mais il faut aussi beaucoup d’intelligence et d’ouverture d’esprit pour réagir comme il le fait. J’aime vraiment cet état d’esprit et cela me donne encore plus envie de leur rendre sur les rallyes où je serai engagé !"

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Les conditions difficiles attendues en Suède, où la neige peine à tomber, n'inspiraient pas Sébastien Loeb, comme il l'a reconnu dès la semaine dernière. Le jeu n'en valait pas la chandelle à ses yeux. "Je ne me sens pas prêt et je ne pense pas être le meilleur élément là-bas", assure-t-il. "Il y a dix ans peut-être mais plus maintenant." Car c'est un autre regard qu'il pose sur ce qu'il se doit d'apporter à son équipe en ne participant qu'à six rallyes dans la saison. En refusant le retrait total de la discipline tout comme l'engagement à plein temps, Loeb assume les ambiguïtés qui vont avec, tout comme le risque qu'il prend pour son image. 

"En ne faisant que six rallyes par an, on ne peut pas prétendre jouer la victoire à tous les rallyes", rappelle-t-il. "Il faut l’accepter, et je l’accepte. Même avec toute l’expérience et toute la motivation du monde. Et ça, peu importe le sport, je pense. Les gens ont tendance à l’oublier parfois et je peux comprendre qu’ils soient déçus. En arrêtant ma carrière en 2013, j’aurai pu rester à tout jamais comme celui qui ne perd jamais. Et à leurs yeux, ils me voient peut-être encore comme ça."

Loeb le martèle depuis des semaines, il veut "être un plus pour l'équipe" et apporter sa pierre à l'édifice pour une équipe Hyundai qui a deux objectifs : ramener le titre pilotes et celui des constructeurs. "Il faut que ma présence soit utilisée intelligemment pour arriver au seul but que l’on veut tous", insiste-t-il encore.

"J’ai décidé de revenir car j’en avais envie et que Hyundai attendait de moi tout autre chose que ce que l’on a pu attendre de moi toute ma carrière : apporter mon expérience, assurer des points au championnat constructeurs sans avoir l’obsession de penser à la victoire et m’offrir la chance incroyable de piloter une WRC encore aujourd’hui dans une équipe officielle. Je ne les remercierai jamais assez de cette opportunité", ajoute Loeb. "Cela ne veut absolument pas dire que je veux finir sixième à chaque rallye ou me battre en fond de peloton. Avec Daniel [Elena], on a toujours autant l’envie de bien faire. Mais l’objectif a changé maintenant."

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