Loon-Plage joue la carte de la jeunesse en Coupe de France

Des jeunes joueurs de Loon-Plage lors d'un entraînement au Stade Rosseel. (Baptiste Paquot/L'Équipe)

Le club nordiste, qui évolue en R1, essaie de s'appuyer au maximum sur la formation pour nourrir son équipe première. Une politique qui fait écho à la volonté de la municipalité.

Sur le terrain hybride du stade Rosseel, les consignes de Laurent Cosyn volent à quatre jours de défier Reims à l'occasion des 32es de finale de Coupe de France, que Loon-Plage disputera pour la seconde fois seulement. Parmi les joueurs, ils sont quelques-uns à connaître par coeur leur coach tout autant que lui maîtrise parfaitement les mécanismes de leur psychologie. S'il n'a la responsabilité de l'équipe première que depuis l'été dernier, il a passé vingt-cinq années au club. « J'en ai entraîné certains quand ils étaient tout petits, explique le technicien du club nordiste. Je sais comment les motiver, les piquer, comment réagir par rapport à certains. C'est un plus. »

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D'autant que, sur les sept éléments formés au club et présents dans l'effectif, il en insère régulièrement quatre à cinq dans le onze de départ, ce qui confère à l'équipe une coloration locale plus soutenue qu'ailleurs. « Les clubs voisins, Gravelines et Grande-Synthe, n'en ont que deux ou trois, poursuit-il. On est un peu au-dessus de la moyenne. Après, le niveau fait qu'on ne peut pas avoir que des joueurs du cru. En plus, on a très peu d'équipes en ligue. Or, il faut que les joueurs y aient évolué pendant un certain temps pour d'abord franchir le palier entre les jeunes et les seniors, puis pour se mettre au niveau du R1. » Alors, parfois, pour progresser, certains vont finir de grandir ailleurs, en prenant la mesure d'un niveau plus exigeant.

« On essaie ensuite de les faire revenir, explique Laurent Cosyn. Allan De Meyer (milieu, 23 ans) est parti à l'âge de 15 ans à Saint-Omer pour jouer au plus haut niveau de la ligue alors qu'on était au deuxième niveau. Il a ainsi pris un peu d'expérience avant d'aller disputer à Dunkerque plusieurs matches de N3. Puis on l'a récupéré. On essaie encore d'en rapatrier qui sont à Saint-Omer, Dunkerque et même Lens. C'est une vraie politique. » Celle du maire, Éric Rommel, vise à stimuler cette orientation locale par des investissements élevés dans les infrastructures sportives.

« C'est la condition : que les jeunes puissent avoir une vitrine, explique l'élu. Je veux que mes clubs aient de l'ambition, j'en ai aussi. Mais il doit y avoir cet aspect familial, en plus de l'aspect bénévole. » Le deal est très clair dans les esprits. « On est bien conscients de cette demande et on essaie de tout faire pour, commente le coach de Loon-Plage, qui compte dans son groupe les deux frères du Rennais Martin Terrier, Maxence (33 ans) et Florian (27 ans). Après, les jeunes ne sont pas toujours prêts. »

Anthony Milliot (26 ans), intégré, lui, en équipe une à 16 ans et demi, observe cette philosophie sportive avec beaucoup de recul, même s'il est attaquant. « C'est un club très familial qui met l'accent sur la formation, analyse celui qui est aussi le fils du président. Beaucoup de clubs amateurs forment des jeunes mais ne leur font pas forcément confiance. Ici, on leur donne leur chance. » Ils sont assez habiles pour l'attraper, on dirait.

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