Lucas Mazur en quête d'un 3e titre consécutif en simple aux Mondiaux de para-badminton

Lucas Mazur est double champion du monde en titre en simple. (C. Lartillot/L'Équipe)

Un an après l'or paralympique, Lucas Mazur est de retour à Tokyo, pour défendre ses titres mondiaux (2017 et 2019). Associé à Faustine Noël en double mixte, il espère aussi confirmer la médaille d'argent paralympique obtenue avec sa partenaire à l'été 2021.

En moins de deux heures, et au dernier jour des Jeux, Lucas Mazur se révélait. Double champion du monde alors presque anonyme, il décrochait d'abord le titre de champion paralympique en simple, avant de rafler une médaille d'argent avec Faustine Noël en double mixte. « Ce qui a été difficile après Tokyo, c'est mon téléphone qui sonnait tout le temps, sourit le jeune homme de 24 ans, qui compose avec une malformation de la cheville à la suite d'un AVC (catégorie SL4). J'avais l'impression que le monde entier avait mon numéro et j'ai eu envie de disparaître. » Une forme de reconnaissance qu'il a appris à gérer. À presque oublier, dès lors qu'il s'est relancé vers d'autres objectifs.


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En l'occurrence, débutent mardi les Mondiaux à... Tokyo. Dans cette même salle qui abrite ses beaux souvenirs, et où Mazur entend défendre ses deux titres de 2017 et 2019. « Trois ans sans Championnat du monde... C'est bizarre de conserver un titre aussi longtemps, alors que j'avais envie de le remettre en jeu le plus tôt possible, observe le Français. Je voudrais montrer à la concurrence que, même si je me suis fait chahuter aux Jeux, je peux quand même mettre encore de bonnes petites claques. »

Malgré un début de saison chaotique, avec une blessure (lésion à l'adducteur) et un épisode Covid qui l'ont obligé à annuler deux déplacements, au Brésil et au Canada. « Ça m'a un peu tracassé, j'ai eu le sentiment de ne pas rebondir assez vers Paris 2024 », grimace Mazur, qui a capitalisé sur les trois autres effectués. En Espagne, en Irlande et en Thaïlande, il a gagné en simple les trois Opens ; en double mixte, les Français en ont remporté deux sur trois. « On a toujours cette ambition de faire notre première médaille mondiale, martèle-t-il. Aux Jeux, c'était une médaille qu'on espérait, après avoir galéré sur les Mondiaux. »


Mazur est revenu vers l'entraîneure qui l'a formé

Faustine Noël (28 ans), qui évolue dans la même catégorie à cause d'un handicap neuromoteur léger, son cerveau commandant mal sa jambe droite, rappelle qu'en 2017, alors qu'ils commençaient à jouer ensemble, ils avaient buté en quarts de finale. « On n'avait pas encore trouvé nos marques, se souvient la Rennaise. Et en 2019, je m'étais blessée. Un bon coup dur, alors que ça devait être une échéance pour affirmer qu'on était dans le top mondial. »

Depuis, l'un et l'autre ont progressé. Lui continue à se préparer entre Bordeaux et son club de Chambly. « Disputer les compétitions interclubs (avec les valides), ça m'a permis de me remettre le pied à l'étrier pour mes coéquipiers, et pas seulement pour ma personne. C'est une approche différente qui me plaît, j'aime bien apporter ma pierre à l'édifice », soutient Mazur. Faustine Noël continue ses entraînements avec cette cellule privée qu'elle a bâtie autour d'elle. « Je voudrais continuer à creuser sur moi, sur qui je suis et comment je fonctionne, pour pouvoir être encore plus confiante sur le terrain, plus solide dans les moments d'inconfort », ajoute-t-elle, persuadée qu'elle a les moyens dès Tokyo de jouer un premier podium individuel. Les trois médaillées paralympiques ne figurent pas dans le tableau des Mondiaux, les deux Chinoises étant absentes et l'Indonésienne se contentant des deux doubles.

« L'idéal serait d'améliorer les stratégies de jeu pour être capable d'ajuster, de les modifier en cours de match si on s'est trompé, se projette Mazur. Et j'aimerais voir des choses évoluer dans notre collaboration en mixte, on pourrait travailler plus souvent ensemble, parce qu'aujourd'hui, la distance reste un gros frein à notre préparation quotidienne. » Le jeune homme sait que pour rester au sommet jusqu'aux Jeux de Paris, la curiosité sera essentielle. Il a profité de sa blessure pour replonger aux sources de son engagement dans le para-badminton, en retournant vers l'entraîneure qui l'a formé à Bourges, Sandrine Bernard, en visitant aussi de nouvelles structures, comme à Nantes. Une manière de se réinventer pour continuer à avancer.


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