Lucas Mazur, triple champion du monde de para-badminton : « Je ne suis pas près de lâcher »

Lucas Mazur se projette déjà vers les prochains Jeux, dans deux ans. (Para-badminton Photo)

À 24 ans, et un an après son sacre aux Jeux Paralympiques, Lucas Mazur a décroché un troisième titre mondial, ce dimanche à Tokyo. De quoi asseoir un peu plus son autorité dans la discipline.

Tokyo reste le jardin de Lucas Mazur. Un an après avoir été sacré champion paralympique au Yoyogi Stadium, le Français de 24 ans a obtenu un troisième titre mondial ce dimanche, après ceux de 2017 et 2019. Souffrant d'une malformation de la cheville à la suite d'un AVC quand il était enfant, Lucas Mazur domine décidément sa catégorie des SL4. Il parachève une belle semaine pour le para-badminton français qui va quitter le Japon avec sept médailles : cinq de bronze, une d'argent obtenue par la paire composée de Faustine Noël et Lénaïg Morin, battue au terme d'une finale en trois manches face aux Indonésiennes Oktila-Sadiyah (14-21, 21-16, 13-21) et une d'or, donc.

« Que ressentez-vous après ce troisième titre ?
Je suis un homme heureux ! J'ai bien performé, je suis trop content. C'est formidable ! Même si la finale (face à l'Indonésien Fredy Setiawan, n°7 mondial) a été un peu crispante par moments. Pour être sincère, c'était serré au début. Il y a eu la pause à 11-11 et, derrière, j'ai essayé de tout mettre en place pour accélérer. Ça a marché. J'ai pris le large et gagné le premier set 21-12. Sur le deuxième, bis repetita, ça se resserre sur l'entame. Je mène 11-5 juste avant la pause, mais je me suis peut-être un peu relâché. Il recolle à 14-14, 15-15. Je remets un coup d'accélérateur et je gagne au bout de l'effort 21-17. J'ai mis tout ce qui me restait dans le ventre. Et ça passe !

Que représente ce nouveau titre ?
C'est un grand moment. Je les attendais depuis longtemps, ces Mondiaux ! Ils avaient été reportés à cause du Covid. Pourtant, j'aurais voulu remettre mon titre en jeu assez vite, pour affirmer que j'étais toujours le patron. Être toujours au top niveau, c'est un message que je suis content d'envoyer. C'est une fierté d'enchaîner trois titres d'affilée. Je tiens encore la boutique, et je ne suis pas près de la lâcher.

À deux ans des Jeux Paralympiques, ce message doit revêtir une grande importance pour vous ?
Exactement. J'avais envie de poster cette image de joueur un peu "intouchable". Parce que je gagne encore tous mes matches en simple en deux sets. Depuis le mois de mars, je n'en ai pas perdu un seul. C'est un message fort, un message d'autorité. J'espère continuer sur cette lancée à écraser la catégorie.

Gardez-vous une marge de progression ?
Bien sûr, je dois rester en quête d'amélioration. Il y a des axes de travail qui se profilent. Je dois rechercher à performer encore plus au quotidien, à l'entraînement, à Bordeaux. C'est ce que j'essaie de mettre en place en m'entraînant avec les valides pour repousser mes limites, être plus fort physiquement, dans les séances de cardio, de musculation. Parce que mon corps vieillit, il faut que je le pousse encore pour être capable, dans ce genre d'événements, de répondre présent. Même si le rythme augmente, si le niveau augmente. On va aussi continuer à travailler sur le plan stratégique, il y a énormément de failles qu'on peut boucher de mon côté et exploiter en face.

Quel regard portez-vous sur la performance d'ensemble de l'équipe de France ?
Je suis très fier, et très satisfait d'avoir mené cette équipe le plus loin possible. Il y a eu beaucoup de médailles, et c'est une chance, une récompense du travail acharné qui est fait sur les athlètes. Il faut continuer à structurer les choses, faire que les athlètes puissent s'entraîner en biquotidien, c'est comme ça qu'on va progresser. »


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