L'UTMB en moins de 20 heures, objectif possible cette année ?

Pau Capell, en 2020, lors de sa tentative de battre son temps sur le parcours de l'UTMB. (Schlegel/Buff)

Le vainqueur 2019 de l'UTMB Pau Capell en parle vivement, il vise le passage sous la barre des 20 heures sur le parcours de 170 km et 10 000 m de dénivelé. Mais pour le favori américain Jim Walmsley, « 20 heures pourraient ne pas être assez rapide pour gagner » l'édition 2022, dont le départ est prévu ce vendredi à 18 heures.

Dans les rues de Chamonix, il l'affiche en immense partout, sur un bus comme sur les vitres du magasin de son sponsor The North Face, où il a dévoilé son film : « Breaking 20 ». L'Espagnol Pau Capell, vainqueur de l'UTMB en 2019, vise de boucler le parcours autour du Mont Blanc de 171 km et 10 000 m de dénivelé en moins de 20 heures cette année.

Déjà, en 2020, lors de l'été sans le rendez-vous chamoniard à cause du Covid-19, Capell avait lancé le même type de projet, en solo. Il l'avait terminé finalement bien au-delà, en 21h17. Au micro mercredi soir, devant un public conquis au coeur de Chamonix, il admet avoir eu du mal à encaisser la pression médiatique. Mais cette année, rebelotte. « En 2019, en finissant la course (en 20h19), en parlant avec mon manager, je lui ai dit que je pensais pouvoir finir la course en moins de 20 heures, explique-t-il. Cette année, je ne sais pas si ce sera moi, il y a Kilian (Jornet), d'autres, ils peuvent le faire. On verra selon la météo aussi. »

La marque est symbolique oui, mais il est insensé cependant de parler de « record » sur un parcours qui change tous les ans depuis la première édition en 2003, par choix des organisateurs ou par obligation selon les conditions météo. Le tracé actuel est similaire à celui de 2019, l'année de la victoire de Pau Capell, en 20h19, mais pas identique à 100 %. Annulée en raison de la pandémie l'année suivante, François D'haene a décroché en 2021 sa 4e victoire historique l'an dernier en 20h45.

« Ce n'est pas du tout le genre d'objectif qui me parle en tout cas, Benoît Girondel, double vainqueur de la Diagonale des Fous à La Réunion, titré sur la TDS l'an dernier et au départ vendredi de l'UTMB. Je dirais juste que si des champions comme François D'haene ne sont pas encore passés sous cette barre, c'est qu'elle me paraît bien difficile à atteindre. Mais rien n'est impossible bien sûr. » « Ce n'est pas une mauvaise chose pour moi si certains visent des temps sous les 20 heures, ça risque de faire des dégâts à l'avant, tempère Aurélien Dunand Pallaz, deuxième l'an dernier. En réalité, regardez combien de personnes sont parvenues à courir sous les 21 heures dans l'histoire de la course. C'est déjà une marque bien difficile à chercher. »

Quand on évoque le sujet avec l'autre grand favori de la course chamoniarde, l'Américain Jim Walmsley, en quête d'un premier sacre ici après avoir remporté à trois reprises le monument américain, la Western States, il sourit. « Je pense que c'est possible d'aller bien plus vite que 20 heures, oui, explique celui qui a décidé de déménager dans le Beaufortain pour un an et demi afin de préparer l'UTMB. 20 heures pourraient ne pas être assez rapide (pour gagner), je ne sais pas. Plus que tout, moi, je veux essayer de contrôler ce que je peux, donc prendre soin de moi, courir à mon rythme. Je serai un peu surpris si Pau (Capell) ou quelqu'un d'autre s'éloigne très tôt. Dans ma carrière, ce n'est pas arrivé souvent. »

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