Laurent Blanc (OL) : « Chanceux de ne pas être menés »

Laurent Blanc avec l'unique buteur du match, Alexandre Lacazette. (N.Luttiau/L'Equipe)

Laurent Blanc, entraîneur de Lyon, reconnait que son équipe a été en souffrance en première période dimanche contre Lille (1-0), avant de rééquilibrer son milieu et de trouver des solutions sur les côtés en deuxième. Là même où l'OL a fait la différence pour arracher la victoire.

« L'Olympique Lyonnais a-t-il eu de la chance de remporter ce match (1-0) face au LOSC ?
Je vous laisse le choix du mot. Disons que nous avons été assez chanceux de ne pas être menés en première période. La deuxième a été beaucoup plus équilibrée. Nous nous sommes procurés plus d'occasions. Nous avons su concrétiser l'une de celles-ci. Et nous l'avons emporté.


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Pourquoi êtes-vous passé en 4-4-2 en deuxième période ?
Nous n'avions pas la maîtrise du milieu. Eux étaient souvent à 4 contre 3. Et nous avions trois centraux pour un seul attaquant (Jonathan David). On a repéré ce problème. On ne pouvait pas changer tout de suite, car cela posait un problème d'équilibre. A la pause, il fallait ajouter un milieu qui défende bien en avançant (Johann Lepenant). Il a merveilleusement bien fait ça cette semaine à l'entraînement. Cela a permis à (Thiago) Mendes d'être plus efficace et nous d'être plus équilibrés au milieu, de ne plus être transpercés. On les a ensuite contrariés sur les côtés. Comme sur le but amené par Nico (Tagliafico), qui fait un très bon match sur son côté gauche.

Au moins, avec lui, vous avez un joueur en forme athlétique...
Si tout le monde était au même point athlétique que lui, ce serait pas mal. Ce n'est pas le cas. On le sait, pour diverses raisons. C'est là où les entrants ont un rôle à jouer. Je peux aller les voir avant les matches et leur dire "préparez-vous". Souvent, on ne sait pas à quel moment on va faire entrer un joueur. Là, à l'heure de jeu, je fais entrer des joueurs. Ils ont du temps. Nico, je ne lui demande pas de monter plus. Mais quand vous jouez à 5, c'est parce que nous avons de bons pistons avec Malo (Gusto) et Nico (Tagliafico). C'est la première fois qu'on joue à 4 (à plat derrière). Mais les bons joueurs savent quand il faut attaquer et où. Nico sait où être et se positionner. Aux pistons, je leur dis, leur boulot est d'amener les ballons dans la surface. Les autres y sont.


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Comme Alexandre Lacazette...
Mettez les ballons dans la surface et vous verrez qu'Alex mettra des buts. C'est un joueur de surface. Tant qu'il y a du mouvement sur les côtés et des centres, il va marquer. En première période, on n'y arrivait pas sur les côtés. C'était ça le problème. Il a fallu faire entrer des gens qui ont amené leur fraîcheur et laisser nos buteurs devant. J'avais vu jouer Lille contre Monaco (4-3). Ils avaient fait un grand match. Il y a une intensité physique dans cette équipe. Je regarde beaucoup plus la L1. Je vois l'intensité des matches, je me dis qu'elle a beaucoup évolué. C'est incroyable de répéter les efforts à haute intensité de manière aussi exceptionnelle.

C'était votre première d'entraîneur à Lyon...
Je suis déjà venu en qualité d'entraîneur. C'est la première fois que je gagne à Lyon. Avant j'avais perdu (défaite 1-2 avec le PSG, le 28 février 2016). C'est très bon.

Y a-t-il déjà un effet Laurent Blanc ?
(Il sourit)
Je le répète, il faut prendre des points jusqu'au 13 novembre. On va à Marseille, on reçoit Nice, ce n'est pas facile. Prenons le maximum de points. Depuis trois semaines, le club et les joueurs ont accepté beaucoup de choses. Même avec moi, on a accepté de ne pas prendre de points à Rennes (2-3). En étant sérieux, on aurait pu prendre un point. Je leur avais dit dans la semaine, n'acceptez plus. A Montpellier, on peut tuer le match, mais il y a encore un manque de confiance. Ils reviennent au score et on est allés chercher les trois points (2-1). Ce changement de mentalité est le plus grand progrès de notre équipe.

Jérôme Boateng a tenu 90 minutes...
A la mi-temps, je suis quand même allé le voir. Damien (Da Silva) avait un carton jaune. Je lui demande : "si tu me dis que tu finis..." Il m'a dit : "je finirai". A l'expérience.

Avez-vous évoqué avec lui le contexte extra-sportif (il est en plein procès pour violences conjugales) ?
Non. Ce ne doit pas être le top tous les jours. Je discute énormément avec lui en termes de foot. C'est un des joueurs expérimentés en défense. N'oubliez pas que l'on joue avec des jeunes joueurs (Gusto, Lukeba, Diomandé). Il faut un peu de bouteille derrière. Il peut en avoir d'autre, mais Jérôme (Boateng) est légitime dans ce rôle. Il a connu plein de choses dans le football.

Houssem Aouar, lui, n'a pas pu terminer le match...
C'est son problème. J'ai deux ou trois joueurs qui ont peu joué depuis le début de saison. Même s'ils sont mieux, il y a tellement d'intensité en face que c'est difficile de s'en sortir. Quand il va être mieux athlétiquement, il pourra profiter de sa technique. Il ne peut être que meilleur dans le futur.»