Médias - Pierre Ménès à propos des accusations de sexisme : « Je regrette profondément »

L'Equipe.fr
·4 min de lecture

Sur le plateau de « Touche pas à mon poste », Pierre Ménès s'est expliqué sur les gestes déplacés qu'il a eus à l'égard de deux consoeurs de Canal +. Et a dit regretter que son interview qui devait figurer dans le documentaire sur les journalistes sportives diffusé dimanche soir, ait été coupée. Depuis dimanche soir et les révélations publiées par le site Lesjours.fr, Pierre Ménès est au centre d'une vive polémique liée à la diffusion sur Canal+ de Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste ! Signé par Marie Portolano, qui a récemment quitté la chaîne, et Guillaume Priou, ce documentaire construit à partir de témoignages de journalistes sportives (Clémentine Sarlat, Vanessa Le Moigne, Margot Dumont...) raconte les actes de harcèlement et les propos sexistes auxquels elles sont ou ont été confrontées dans leurs médias.
Le document comportait à l'origine plusieurs séquences consacrées à Pierre Ménès, où Marie Portolano questionnait le chroniqueur de Canal+ sur son comportement, notamment lors d'un incident où il avait soulevé sa jupe en public, en 2016, à la fin du Canal Football Club (CFC). La chaîne cryptée avait décidé de supprimer cette partie du documentaire, mais elle a finalement diffusé lundi soir une partie du témoignage de Pierre Ménès enregistré dans Je ne suis pas une salope, je suis une journaliste !, dans une émission du groupe Canal, Touche pas à mon poste (TPMP), animée par Cyril Hanouna sur C8.

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On y voit d'abord le chroniqueur de Canal+, répondre aux questions de Marie Portolano qui l'interroge sur son image de misogyne, plaisantant au passage sur son décolleté : « Je suis peut-être sexiste, mais je suis quand même le seul mec à avoir essayé de faire une émission de foot (19.30 PM, sur C + Sport) seulement avec des filles. Elle est où la misogynie ? Si on ne peut plus rien dire à une femme parce qu'elle est une femme, ça c'est sexiste. Dire à une fille qu'elle est jolie avec son décolleté, moi je trouve ça plutôt gentil. » Pierre Menès, au sujet de la séquence coupée au montage du documentaire « Je ne suis pas une salope... je suis une journaliste ! » « J'ai dit une seule connerie (dans l'interview), c'est de dire que je le referais » La séquence fait surtout référence à l'incident de la jupe, dont Pierre Ménès assure n'avoir aucun souvenir. « Est-ce que tu le referais aujourd'hui ? » lui demande alors Marie Portolano avant de poursuivre le dialogue : « Oh oui » - « Même en sachant que ça peut être humiliant ? » - « Ça t'a humiliée ? » - « Oui » - « Ah bon, ben j'en suis désolé. il faut aussi prendre les gens comme ils sont. J'ai été embauché parce que je suis un personnage, je ne joue pas un personnage. » Sur le plateau de TPMP, Pierre Ménès a expliqué qu'il n'était pour rien dans le choix de couper la séquence d'une interview à laquelle il avait accepté de participer : « Si la séquence n'a pas été diffusée, ce n'est pas de mon fait. C'est un choix éditorial . » Le chroniqueur est ensuite revenu sur la scène évoquée par Marie Portolano, expliquant qu'il ne s'en souvenait pas : « J'ai dit une seule connerie (dans l'interview), c'est de dire que je le referais. Lorsque Marie m'assène cette histoire de jupe, je suis estomaqué. Maintenant je sais pourquoi. Les faits remontent au 28 août 2016, ça a été la dernière émission avant que je tombe malade et que je disparaisse des écrans. Je pense que je n'étais pas dans mon état normal. » Touché par une cirrhose Nash, le journaliste a passé un long moment à l'hôpital, où il a reçu in extremis des greffes de foie et de rein qui lui ont sauvé la vie, en décembre 2016. Ménès est également revenu sur incident, avec une autre femme journaliste, Isabelle Moreau, à qu'il il avait donné un baiser par surprise sur le plateau du Canal Football Club, en 2011 : « Aujourd'hui je comprends que ça fasse polémique. À l'époque, ça n'avait pas fait polémique ; tout le plateau était hilare, le public avait applaudi... » Après avoir rappelé que les incidents qu'on lui reprochait remontaient à longtemps, le chroniqueur de Canal + a finalement fait part de ses remords et avoué qu'il n'avait « pas volé » certains reproches. « J'ai beaucoup changé depuis ma greffe, ça fait quatre ans et demi. Je suis beaucoup plus apaisé. on ne me reprendra plus jamais à faire des choses comme ça. Je regrette profondément. »