Médias - Six sportifs font leur coming out dans un documentaire de Canal+

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Dans « Faut qu'on parle », diffusé ce samedi soir (23 heures) sur Canal+, six sportifs de haut niveau en activité parlent pour la première fois de leur homosexualité face caméra.

Le secret de leur identité a été bien gardé. C'était la condition de la participation de six sportifs de haut niveau à ce documentaire, celle de parler en collectif sans que leur identité ne soit révélée avant la diffusion de Faut qu'on parle, ce samedi (23h) sur Canal +. Ils sont trois hommes : un nageur, un patineur et un rugbyman, et trois femmes : une escrimeuse, une judoka et une basketteuse, tous en activité, des champions... pour certains olympiques.

Après la bande originale, une version piano-voix de Normal réalisée pour l'occasion par le rappeur Eddy De Pretto, qui a lui-même fait son coming out en 2017, les sportifs se retournent et dévoilent leur visage avant de témoigner en longueur. « J'ai le sentiment que je devais le faire, pas forcément pour moi... », glisse alors l'escrimeuse, déterminée comme les autres à briser le tabou.

Un an de travail
Le film d'1h10 a été réalisé par les journalistes Arnaud Bonnin et Lyes Houhou. « C'est un projet qui nous tient personnellement à coeur, confient les deux hommes après un an de travail sur ce projet. Quand on pense à notre histoire personnelle, on se dit qu'on aurait bien aimé avoir ces modèles quand on était de jeunes ados. Cela explique aussi notre démarche. »

Voilà pourquoi Arnaud Bonnin avait déjà tenté il y a trois ans de convaincre certains sportifs homosexuels de participer à un documentaire de ce type, sans succès. Avant de retenter sa chance, cette fois avec l'appui de son partenaire. « Le témoignage du patineur Guillaume Cizeron (en mai 2020) a aussi déclenché des choses, précise Lyes Houhou. Cela s'inscrit également dans le contexte de libération de la parole. »

Et leur parole, comme celle de certains de leurs proches, est percutante, touchante, émouvante. Avec des mots bien choisis et une forme d'assurance et de recul, ils évoquent tour à tour : le moment où ils ont pris conscience de leur homosexualité, la culture du secret, le moment de la révélation à certains coéquipiers et à leurs proches, leur comportement dans le vestiaire ou sous les douches, la réaction aux propos homophobes et aux « blagues » et enfin leur prise de parole publique.

De longs entretiens
Le témoignage du pilier de rugby, dernier à avoir rejoint cette aventure, amène - comme pour d'autres séquences du film - une touche d'autodérision et beaucoup de sourire. « On cherchait absolument un sport collectif masculin, explique Arnaud Bonnin. Il y avait des problématiques spécifiques dans le rapport aux coéquipiers, par rapport au discours viriliste, aux supporters... On s'est dit que ce serait un vrai plus et on a cherché jusqu'au bout. On avait commencé à le monter sans lui, il est arrivé au dernier moment, mais on pense que cela change la dimension du documentaire. »

Chaque champion s'est confié entre 3h30 et 4h aux deux réalisateurs et en ressort forcément chamboulé. « Ce n'est pas simple », lâche l'un d'entre eux tandis qu'un autre conclut en avouant se préparer à tous types de réactions : « Il y aura des remarques, des critiques... Mais ce n'est pas grave, cela va me renforcer ! » Courageux, jusqu'au bout.

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