Sa M1 plus ancienne, "un avantage pour Yamaha" selon Morbidelli

Léna Buffa
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La victoire de au Grand Prix de Teruel a placé Yamaha dans une situation encore un peu plus délicate, mettant sous le feu des projecteurs le fait que celui qui a remporté deux succès cette saison et qui occupe le quatrième rang du championnat, avec un retard minime sur les deux autres pilotes Yamaha encore en lice pour le titre, doit se contenter d'une machine plus ancienne qu'eux.

Cette situation est destinée à perdurer, et parmi les constructeurs fournissant des équipes satellites, Yamaha sera le seul en 2021 à ne pas aligner quatre machines de la spécification la plus récente. Ducati et KTM ont franchi ce pas cette année, et Honda ira également dans ce sens la saison prochaine en mettant Takaaki Nakagami au même niveau que les trois autres pilotes du groupe. Morbidelli, lui, doit conserver une moto plus ancienne que celle des deux pilotes de l'équipe factory et de son futur coéquipier, , une M1 hybride basée sur la version 2019 et agrémentée de certaines évolutions de la machine 2020.

Lorsqu'il a été interrogé sur le désavantage que cela pouvait représenter pour Yamaha, le pilote Petronas a exprimé un point de vue quelque peu différent de celui d'observateurs critiques de cette différence de traitement, perçue comme un désavantage pour le constructeur. "Je pense que c'est en réalité plus un avantage pour Yamaha, parce qu'ils peuvent comparer les données et voir où l'ancienne moto est meilleure et où il y a un manque sur la nouvelle moto, et vice-versa", a-t-il souligné.

Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRT

Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRT<span class="copyright">Gold and Goose / Motorsport Images</span>
Franco Morbidelli, Petronas Yamaha SRTGold and Goose / Motorsport Images

Gold and Goose / Motorsport Images

"On sait tous qu'il vaut mieux avoir la moto officielle", concède Morbidelli, qui ne souhaite pas se perdre dans une frustration vaine. "Avoir la moto de la saison en cours est la meilleure chose possible, parce que ça permet de bénéficier de plus de développement et d'un plus grand niveau d'attention de la part des techniciens. Mais comme je fais depuis le début du championnat sur ce point, et comme je le ferai jusqu'au bout et aussi très probablement l'année prochaine, il faut se concentrer sur son propre package et sur le fait de l'exploiter à 100%, sinon plus."

Ramón Forcada, ancien chef mécanicien de Jorge Lorenzo et Maverick Viñales, travaille aujourd'hui avec Morbidelli, dont il apprécie l'approche, notamment sur ce point. Son pilote n'a jamais fait de son statut différent un problème, et ce à raison selon lui. "C'est dans la tête. Il faut avoir conscience que puisqu'on ne peut rien y changer, il ne faut pas se laisser affecter par cela", estime l'ingénieur auprès de Motorsport.com. "Si on a une moto différente qui ne fonctionne pas, il est logique de se plaindre, mais si elle fonctionne bien, il faut juste se concentrer sur le fait d'être rapide."

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"On a le problème − ou l'avantage, je n'en suis pas certain − de pouvoir à peu près se comparer avec les autres Yamaha, mais pas à 100%. Il faut donc tracer son chemin et ça, c'est vraiment bien pour les pilotes, particulièrement pour Frankie parce qu'il est impressionnant sur le plan technique. Nous avons des milliers de choses différentes par rapport aux autres mais, que cela se passe bien ou mal, jamais il n'a été tenté de dire que ce qui l'affectait était de ne pas avoir les mêmes pièces."

Avec Germán Garcia Casanova