Maëlle Filopon et Manaé Feleu au soutien des enfants sourds et malentendants

Maëlle Filopon (à g.) et Manaé Feleu entourée d'enfants de l'école spécialisée Ko Taku Reo ce mercredi. (A. Corée/L'Équipe)

Les joueuses de l'équipe de France Maëlle Filopon et Manaé Feleu ont participé ce mercredi à une rencontre avec des enfants sourds et malentendants pour une initiation au rugby dans le plus prestigieux des cadres, à l'Eden Park.

Ce mercredi matin, il n'y avait pas match à l'Eden Park. Le stade d'Auckland ne se remplira que samedi pour France-Canada (4h30) et, surtout, pour la finale entre l'Angleterre et la Nouvelle-Zélande (7h30). Mais l'enceinte s'est tout de même animée, 72 heures avant ces affiches de prestige.

Était organisée une rencontre entre deux internationales tricolores, Maëlle Filopon (25 ans) et Manaé Feleu (22 ans), et une dizaine d'enfants sourds et malentendants de l'école spécialisée Ko Taku Reo qui suivent un cursus à l'école primaire et au collège d'Ormiston, un quartier d'Auckland, encadrés par plusieurs enseignants et accompagnants. Au programme : visite des vestiaires et initiation au rugby sur la pelouse sacrée de l'Eden Park.

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« Un beau moment »Les deux Bleues ont passé une petite heure sur le terrain pour apprendre à leurs jeunes disciples à se faire des passes, marquer un essai et, plus audacieux, taper dans le ballon. Certains ont réussi à toucher la barre transversale presque aussi souvent que les joueuses du quinze de France, qui se lancent souvent ce défi en fin d'entraînement. De quoi provoquer de grands éclats de rire chez les deux internationales.

« C'est un beau moment, a souri Filopon, elle-même malentendante, et équipée d'un appareil auditif, sauf pendant les matches. Les enfants sont géniaux ! » La trois-quarts centre des Bleues (21 sélections), très en vue lors de ce Mondial, notamment lors de la phase de poules, a souhaité montrer que le handicap n'était pas un frein à la pratique du sport.

Devant les enfants, excités et de plus en plus à l'aise avec le ballon au fil des minutes, elle a répété son message : « Je peux être un modèle pour ces enfants, mais chacun a son handicap. Je ne souhaite pas forcément être une ambassadrice. J'espère juste montrer que, quel que soit le handicap, tout le monde peut pratiquer un sport, que ce n'est pas parce que tu as un souci aux yeux ou aux oreilles que tu ne peux rien faire. »

Après un dernier échange traduit en langage des signes et une poignée de photos sous les poteaux, les joueuses et les enfants sont repartis, le cerveau rempli d'ondes positives. Et peut-être que d'ici quelques années émergera sous le maillot des Black Ferns la nouvelle Maëlle Filopon.

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