Le maire de Liverpool juge « ridicule » la théorie des 40 000 détenteurs de faux billets

Les incidents ayant précédé la finale de la dernière Ligue des champions ont été évoqués ce jeudi après-midi lors d'une audition organisée par le Sénat. (C. Wilson/Presse Sports)

Ce jeudi après-midi, le maire de Liverpool Steve Rotheram a ouvertement critiqué, lors d'une audition en visioconférence devant le Sénat, la thèse relayée avant son intervention par le préfet de police de Paris Didier Lallement, selon laquelle près de 40 000 supporters se seraient rendus aux alentours du Stade de France, avant la finale de la dernière Ligue des champions, sans disposer de billets valides.

Même si son ton est resté constamment calme, et son propos courtois, on sentait que Steve Rotheram bouillonnait parfois. Ce jeudi après-midi, le maire de Liverpool, lors d'une audition organisée par le Sénat en visioconférence, est revenu sur les incidents ayant précédé la finale de la dernière Ligue des champions, Real Madrid-Liverpool (1-0). Des incidents dont il a été un témoin direct, puisque l'édile a été dépouillé à cette occasion de ses papiers, de ses cartes de crédit, de son téléphone et de ses billets d'entrée.

Au cours de son intervention, Rotheram a notamment insisté pour nier la théorie, notamment relayée par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, selon laquelle ces troubles auraient été causés par la présence de 35 000 à 40 000 supporters anglais venus au Stade de France sans disposer de billets valides : « Ce n'est absolument pas vrai. C'est même ridicule d'affirmer qu'ils étaient aussi nombreux. Si ce n'était pas si sérieux, je rirais véritablement [...]. Ce sera à votre enquête de déterminer le nombre exact de personnes disposant de faux billets, mais je pense qu'au final ce total sera bien inférieur à celui avancé par le ministre de l'Intérieur ».

Didier Lallement reconnaît s'être peut-être trompé

Un peu plus tôt, le maire liverpuldien s'était interrogé : « Mais enfin ces 40 000 personnes, où ont-elles disparu (après le début du match) ? Elles ont repris le métro ? Ça m'intéresserait de le savoir. J'aimerais également connaître la méthode utilisée pour déterminer le nombre de faux billets. C'est un calcul qu'on a fait au dos d'un paquet de cigarettes ? ».

Avant lui, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, a également été interrogé par les sénateurs. Et il avait justement réaffirmé que « 35 000 » supporters munis de billets falsifiés ou sans billet s'étaient présentés au Stade de France et auraient été « le mal racine » à l'origine des incidents. « J'assume complètement » ce chiffre « que j'ai donné au ministre », a dit M. Lallement, tout en reconnaissant s'être « peut-être trompé ». « Je n'ai jamais prétendu qu'il était parfaitement juste », a-t-il ajouté, tout en maintenant qu'il y avait trop de monde par rapport à la capacité d'accueil du stade.

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Il a notamment réfuté avoir dit que ces supporters se trouvaient « tous devant les portes du stade », alors que plusieurs vidéos et témoignages ont démontré qu'il n'y avait pas un nombre important de supporters autour du Stade de France après le début du match. « Je ne m'attendais pas à un volume de cette nature de faux billets », a-t-il poursuivi. « C'est à l'évidence un échec » a finalement concédé Didier Lallement, mentionnant les personnes « bousculées ou agressées » et « l'image ébranlée » de la France. « C'est une blessure pour moi », a-t-il ajouté.

« Nous n'étions pas préparés à un tel afflux de délinquants » a expliqué de son côté le directeur des affaires institutionnelles de la FFF, Erwan Le Prévost, lors de cette audition. Il a cité « des comportements hors normes, des gens rentrés à travers des restaurants », d'autres qui « ont cassé la grille d'une école pour rentrer, des gens entrés par le chantier d'une passerelle... »

Selon lui, le manque d'information de la RATP a aussi contribué à l'engorgement aux portes du stade. « Si nous avions eu les informations en temps réel du détournement des flux du RER B (en partie en grève, NDLR) vers le RER D, nous aurions pu repenser notre dispositif en début d'après-midi. La préfecture non plus n'avait pas eu l'information », a-t-il ajouté.

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