Le Mans 2020 : la course la plus rapide de l'histoire récente ?

Basile Davoine
motorsport.com

En raison de la pandémie due au nouveau coronavirus, l'Automobile Club de l'Ouest a pris très tôt la décision de reporter l'édition 2020 des 24 Heures du Mans de juin à septembre. Il s'agit d'une première depuis 1968 et cette perspective n'est pas sans modifier les conditions de piste dans lesquelles évolueront les concurrents. À l'heure qu'il est, les organisateurs font tout pour tenir cette nouvelle date, bien qu'une part importante d'incertitude demeure quant à l'évolution de la situation.

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Une chose est certaine : sur le plan sportif, si la 88e édition de la classique mancelle se déroule en septembre, la donne ne sera pas la même qu'en juin. De là à entraîner une baisse significative des chronos ? C'est ce dont on est convaincu chez Goodyear, qui équipe notamment les équipes Jota et Jackie Chan DC Racing dans la catégorie LMP2, ainsi que d'autres structures d'ELMS qui participeront au double tour d'horloge.

"Il pourrait y avoir des différences de température entre septembre et juin, que ce soit de l'ordre d'un chiffre ou jusqu'à 30 degrés en ce qui concerne la température ambiante. Et cela avant que l'on fasse la conversion au niveau de la température de piste", fait remarquer Ben Crawley, directeur de la branche sportive de Goodyear, dans un podcast du WEC. "En septembre, on pourrait par exemple s'attendre à des températures globalement plus fraîches et pour des périodes probablement plus longues, et peut-être quelques heures de plus la nuit."

"Je pense que nous pourrions assister à l'une des éditions des 24 Heures du Mans les plus rapides de l'histoire récente car typiquement, avec des températures plus fraîches, on s'attend à ce que les pilotes et les équipes puissent opter pour un meilleur équilibre, ou se concentrer sur les spécifications de pneus les plus tendres que nous aurions. Avec les conditions plus fraîches, le potentiel pour les pneus d'être performants à leur maximum absolu fait que l'on pourrait chercher à avoir moins d'arrêts au stand, ou des arrêts plus courts sans changer les gommes aussi souvent qu'à l'ordinaire et tout en utilisant des pneus plus tendres. De ce point de vue, ce pourrait être un Le Mans très rapide en septembre."

Néanmoins, cela s'appliquerait sur piste sèche, mais le fait de courir en septembre pourrait également exposer davantage les concurrents aux risques de précipitation. Ainsi , expérimenté pilote du programme GT d'Aston Martin, s'attend à "une course complètement différente" de ce à quoi il est habitué. "Il va pleuvoir à un moment donné", prédit le Danois. "Évidemment, la pluie dans le noir ce n'est pas le plus simple pour piloter, mais c'est la même chose pour tout le monde. Si nous avons ces conditions très fraîches en plus de ça, il faudra que toute l'équipe échafaude un plan pour trouver le meilleur équilibre et tirer les meilleures performances de tout cela."

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