Marathon des Sables - Marathon des Sables 2017 : L'homme qui venait du froid

L'Equipe.fr
La 32 édition du Marathon des Sables a débuté dimanche, au Maroc. Parmi les "fous du désert", qui composent le peloton, certains cumulent les défis. C'est notamment le cas de Thure Baastrup, un Danois vivant au Groenland, qui s'inflige un écart thermique gigantesque !

La 32 édition du Marathon des Sables a débuté dimanche, au Maroc. Parmi les "fous du désert", qui composent le peloton, certains cumulent les défis. C'est notamment le cas de Thure Baastrup, un Danois vivant au Groenland, qui s'inflige un écart thermique gigantesque !Au moment de quitter Nuuk, capitale du Groenland située au Sud-Ouest de l’île, pour rejoindre Ouarzazate (Maroc) début avril, Thure Baastrup relève -21°C sur son thermomètre. Le Danois de 36 ans, business developer depuis 3 ans, s’apprête alors à se lancer sur son tout premier Marathon des Sables, plus de 4000 km au Sud de son lieu de résidence… et avec un écart de température proche des 60 degrés ! Un choc thermique dont le coureur a bien conscience au moment de se lancer à l’assaut des six étapes et 237 km du parcours saharien. En habitué des courses ultra, il déniche une manière bien spécifique et très personnelle de préparer sa compétition.«Avec ma sueur et la température glaciale, j'étais congel黫 J’ai beaucoup réfléchi au moyen d’habituer mon corps à ce choc thermique », assure le dossard n°542 du MDS, vainqueur notamment du Corsica Coast Race par étapes en 2015. Malgré tout, il tâtonne avant de trouver une solution qui le satisfait. « En ce moment, il fait très froid chez moi, raconte-t-il. Vous pouvez courir sur les routes si elles sont dégagées, mais moi je préfère les grands espaces et la nature. J’ai l’habitude de courir dans la forêt, sur les pistes des moto-neiges… J’ai donc commencé il y a un mois et demi à m’entraîner dehors en me couvrant beaucoup. Mon idée était d’avoir très chaud pendant l’effort, comme cela serait le cas au Maroc. Le problème, c’est que je transpirais rapidement. Avec cette sueur et la température glaciale, j’étais congelé. J’ai laissé tomber cette méthode après une petite semaine. »Dans l’obligation de rompre avec ses habitudes au grand air, le coureur se cloisonne et tente de reproduire en salle les conditions similaires à son futur objectif marocain : courir avec un équipement technique adapté, sous une température avoisinant les 40-45° et avec de l’air ambiant chaud. « Jamais je n’avais couru à l’intérieur avant de me préparer pour cette compétition… Jamais, insiste-t-il. Là, j’ai utilisé la salle de fitness de la société où je travaille. J’ai installé des radiateurs industriels autour du tapis de course, avec un périmètre balisé par des espèces de bâches en plastique pour retenir la chaleur. Mes collègues croyaient qu’il y avait des travaux dans la salle ! La température affichait 30° minimum, et avoisinait souvent les 40°. Pendant les trois dernières semaines, j’ai couru de cette manière six fois par semaine, avec un jour de repos. » Conscient de l’adaptation nécessaire à son corps pour cette situation extrême, il souligne la lenteur de sa progression. « J’ai d’abord testé ce dispositif sur une demi-heure, pendant laquelle j’ai énormément souffert. J’ai ensuite augmenté la durée de mes séances petit à petit : 40’, 50’, 1h et plus, pour finalement me sentir prêt. »Pas assez de nourriture ?Après les deux premières étapes du Marathon des Sables, sa méthode semble fonctionner. Dimanche, le Danois signe le 62e temps scratch des 30,3 premiers kilomètres de la course (3h07’03"). Le lendemain, il récidive en passant la ligne d’arrivée du deuxième tronçon en 54e position (39 km en 4h42’29"). Lundi soir, sous la tente n°36 du Bivouac, Thore Baastrup, déjà rougi par le soleil, est heureux de son acclimatation. « Tout va bien pour le moment. Je pensais que ça allait être pire au niveau des températures mais tout va bien, même si l’étape du jour à été plus chaude » admet-il. Il est en revanche un peu plus inquiet sur ses rations de nourriture, qu’il a choisies petites pour faire baisser le poids de son sac à dos. « Je suis parti sur une base de 2400 calories par jour et je me dis aujourd’hui que j’aurais peut-être pu en prendre plus… Cette nuit, j’ai été réveillé par mon estomac qui criait famine, j’espère que ce ne sera pas un problème pour plus tard », lance le Scandinave, qui rêve de terminer dans les 50 premiers.32 ans que ça dune !Les conseils de Karim Mosta, 29 participations au compteur

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