Marathon des Sables - Marathon des Sables 2017 : Itinéraire d'un «apprenti aventurier»

L'Equipe.fr
Matthieu Tordeur a pris part à la 32e édition du Marathon des Sables (MDS), qui a vu la Suédoise Elisabet Barnes et le Marocain Rachid El Morabity s'imposer. S'il a décidé de s'aligner sur l'épreuve pour la première fois, cet étudiant-aventurier de 25 ans est loin d'être un débutant dans les expéditions extrêmes.

Matthieu Tordeur a pris part à la 32e édition du Marathon des Sables (MDS), qui a vu la Suédoise Elisabet Barnes et le Marocain Rachid El Morabity s'imposer. S'il a décidé de s'aligner sur l'épreuve pour la première fois, cet étudiant-aventurier de 25 ans est loin d'être un débutant dans les expéditions extrêmes.A 25 ans, Matthieu Tordeur n’est pas un concurrent comme les autres. Au milieu des 1167 concurrents qui se sont élancés dimanche, l’étudiant en Master Sécurité Internationale à Sciences Po Paris ne dénote pourtant pas. Gaillard d’1,78m, le Normand se fond aisément dans la masse de coureurs. Il faut chercher un peu plus loin pour découvrir sa facette d’« apprenti aventurier », comme il aime à se définir. Aux quatre coins du monde, par exemple. Il a déjà traversé 85 pays sur les 5 continentsBien que le poids du sac à dos des concurrents soit limité au Marathon des Sables (entre 6,5 et 15 kg), Matthieu Tordeur débarque au Maroc avec une tonne de bagages. Amoureux des voyages et des aventures depuis tout petit grâce à des parents épris des mêmes passions, le Rouennais a déjà traversé 85 pays sur les 5 continents. Déjà très jeune, il profite des vacances d’été pour travailler et s’offrir ses premières expéditions. En 2011, alors âgé de 19 ans, il met trois semaines pour rejoindre Istanbul (Turquie) en vélo depuis Budapest (Hongrie), soit plus de 1300 km en traversant la Bulgarie, seul, au gré de ses rencontres. En 2012, il traverse l’Atlantique entre les Caraïbes et Falmouth (Angleterre) sur un monocoque de 12m, avec un équipage de 4 personnes. En 2013, après un saut au Népal avec son meilleur ami pour installer des panneaux solaires dans des zones privées d’électricité, c’est la grande aventure, à des fins solidaires là-encore. « J’ai arrêté mes études en 2013 pour monter un projet de tour du monde en 4L avec un ami d’enfance. Nous voulions sensibiliser les gens à la microfinance. Nous sommes parvenus à collecter 25 000 euros, que nous avons répartis un peu partout dans le monde à des micro-entrepreneurs souhaitant développer leur activité. ». Inde, Asie du Sud-Ouest, Amérique centrale comme du Sud et Afrique de l’Ouest sont quelques-unes des étapes de son périple vertueux aux rencontres riches et variées.En Islande, en Laponie ou au Groenland (2015), il se frotte aux glaciers, dort chez l’habitant, s’essaie aux chiens de traîneaux, admire la banquise, se heurte aux températures polaires et reçoit notamment une formation sur les techniques de survie en milieu extrême. La dimension physique s’invite progressivement dans ses aventures et il s’essaie aux épreuves "ultra". En 2015 toujours, il s’élance sur la 3e édition de la Transcontinental Race et rejoint en vélo, en un peu plus 16 jours et plus de 4000 km sans assistance et sans support, Istanbul depuis la Belgique, traversant notamment la France et son mythique Mont Ventoux, l’Italie, la Slovénie ou encore le Monténégro. Il en tire des leçons bénéfiques. « Même si je pratique régulièrement le vélo, je n’étais pas assez préparé. En moyenne, j’ai fait 227 km quotidiens, loin des 450 du vainqueur. Mais cette expérience m’a fait prendre conscience de ressources mentales et physiques que je ne soupçonnais pas. »Des capacités qui le conduisent à s’aligner sur son premier MDS, dimanche dernier. Il prendra ensuite le départ d’une des courses réputées les plus difficiles au monde, le Marathon de Pyongyang (Corée du Nord), et la Sainté-Lyon. Deux événements auxquels il a déjà pris part et qui représentent les expériences running les plus marquantes du globe-trotter… dont l’intérêt pour la course à pied reste relatif. « Je ne suis pas un coureur, je ne sais même pas si j’aime courir. Ce que j’aime, c’est l’aventure. Ce que je recherche ici, c’est tout ça : me retrouver en milieu hostile et en autonomie. Je suis là pour me dépenser dans la journée, rencontrer des gens, partager, me faire des copains et me marrer en passant une bonne semaine ». Sous la tente n°59 jeudi matin, il discute avec un des coureurs de sa chambrée arrivé plus tôt dans la nuit. Matthieu Tordeur vient tout juste d’achever la grande étape de 86,2 km, 24h42’37" après le départ donné mercredi matin. Ses pieds sont perclus d’ampoules et son organisme est fatigué. Mais depuis le début, le sourire est toujours là. Le dossard n°300 semble tout proche d’atteindre ce qu’il est venu chercher. Encore un jour (une épreuve non chronométrée ce samedi) et il sera fixé.

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