Marc Márquez fair-play : le titre 2020 garde la même valeur

Guillaume Navarro
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"On se doit d'essayer, pour avoir la conscience tranquille". Puissants et emprunts de passion, les mots prononcés par  après avoir renoncé à disputer le Grand Prix d'Andalousie dimanche en dépit du fait d'avoir tout tenté et pris part aux séances d'essais libres et de qualifications de ce samedi, en disent long sur le feu qui anime un homme ayant déjà tant prouvé dans la discipline.

Car celui qui enfile les records comme des perles a bel et bien été doublement battu, à Jerez. Tout d'abord, directement ou indirectement, par un duo Yamaha Quartararo/Viñales l'ayant poussé dimanche dernier à ne pas modérer son ego et son attaque au moment de revenir d'une faute qu'il avait commise au cinquième passage, l'ayant fait passer par les graviers et reprendre la piste en queue de peloton, et alors qu'il paraissait en passe de réussir son magnifique défi de retour jusqu'à un sensationnel podium.

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Par la loi de la réalité humaine, ensuite, car tout Champion du monde et repousseur de limites qu'il est, l'Espagnol n'en est pas moins fait de chair et d'os, meurtris, encore en pleine récupération après une intervention chirurgicale réalisée mardi à Barcelone. Le verdict sur la moto, ce samedi, aura été définitif : aussi capable qu'il soit de tourner de manière spectaculaire dans les temps du peloton malgré sa blessure, Márquez ne se sent pas d'attaque pour boucler 25 tours du sinueux tracé dimanche, par des températures de piste pouvant avoisiner les 60°C.

Alors, à contre-pied des propos initiaux de son team manager Alberto Puig, Márquez, qui sait ses chances de titre mondial 2020 filer et peut-être devoir se reporter à 2021, a la réaction appropriée au moment de décrire son sentiment sur ce que serait la valeur d'un champion couronné en son absence.

Márquez insiste ainsi sur la loi du sport et en particulier du MotoGP, où la compétition est aussi bien régie par les performances que la capacité des pilotes à se maintenir intacts physiquement pour pouvoir défendre leurs chances. Pour lui, la valeur d'un titre 2020 n'est pas diminuée pour autant pour ses rivaux et ce n'est pas la "faute" de ceux-ci si le championnat a perdu son champion en titre.

"Si vous êtes champion, c'est parce que vous avez fait quelque chose de mieux que les autres", a ainsi déclaré Marquez samedi à Jerez. "La valeur est la même : c'est la première chose. Bien sûr, en tant que compétiteur, on aime toujours faire la course contre ses adversaires et tous les avoir en piste pour se battre et gagner un championnat avec chacun d'entre eux sur la piste. Mais si quelqu'un se blesse, ce n'est pas de votre faute et la valeur [du titre] est la même [quoi qu'il en soit]."

Le nonuple Champion du monde Valentino Rossi, pense d'ailleurs − comme les deux leaders actuels − qu'il serait bien anticipé de suggérer que la course au titre est terminée pour Márquez, même s'il venait à reprendre la piste avec un handicap de 50 points sur un rival et sur une saison ne comptant plus que 11 manches à disputer.   

"Tout d'abord, cela dépend du nombre de points que Quartararo et Viñales prendront demain, et aussi Dovizioso", a déclaré Rossi, lorsqu'il lui a été demandé à qui profite le plus l'absence de Márquez. "Le championnat est court et il partira avec un désavantage, mais sur la première course, il avait un bon rythme et il pouvait gagner. Il a été le plus rapide. Donc, je pense que pour lui, ce n'est pas [encore] fini…"

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