Marca contre son camp

Le quotidien sportif espagnol a défrayé la chronique ce lundi avec sa Une évoquant un « Africa power » au cœur de la puissance retrouvée du Real Madrid. Seul hic : les joueurs choisis pour illustrer le propos s’avèrent tous européens, que ce soit par leur nationalité ou leur formation. Alors maladresse, ignorance, bêtise ou racisme ordinaire ? Dans tous les cas, il serait peut-être temps que ce genre d’amalgame cesse dans le foot. Surtout dans le foot.

Difficile de savoir comment Marca a fini par accoucher de cette Une assez laide, stupide sur la forme, erronée sur le fond et dangereuse quel que soit le point de vue. « Bien que les grands terrains de recrutement du Real soient en Argentine ou au Brésil, ces derniers temps, le club a développé une voie, ouverte il y a de nombreuses années, qui se consolide avec des joueurs comme Camavinga, Tchouaméni ou Alaba. Le sang africain est présent à Madrid » , peut-on ainsi lire en guise de pitch justificateur. Rapidement posé et troussé, il s’agirait de prouver au lecteur que quelque part, l’ADN des Merengues a changé. D’où cette Une provocante avec de faux relents politiques seventies : « Africa Power » (référence au black power, mais aussi aux rêves d’unité africaine de certains « grands leaders » postcoloniaux). Pour enfoncer le clou, et crucifier la vérité, les visages de Karim Benzema, Eduardo Camavinga, Aurélien Tchouaméni, Ferland Mendy, Antonio Rüdiger et David Alaba. Ils entourent une représentation de « leur continent » parsemé de lions et de girafes. Rien ne colle. Aucune des personnes concernées n’évolue pour une sélection de la CAF. Ils sont citoyens français, autrichien ou allemand, des pays dans lesquels ils sont nés ou ont grandi dès leur plus jeune âge (né en Angola, Eduardo Camavinga n'avait pas encore 2 ans quand il est arrivé à Lille avec ses parents). De fait, s’ils sont le produit d’un type de football, que ce soit par les centres de formation où ils ont appris à taper le cuir, ou leur premiers pas dans le professionnalisme, il s’agit clairement de celui du Vieux Continent, le nôtre, le leur. La vraie révélation aurait été donc de titrer sur le made in France avec un joli arrière-plan tricolore, plutôt que de refourguer un version Liga du Panafricanisme.

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