Marcelo Fronckowiak, avant le choc entre Tours et Civitanova : « Je ne suis pas un magicien »

Marcelo Fronckowiak distille ses consignes aux joueurs du TVB sur un temps mort. (Sy. Thomas/ L'Équipe)

L'entraîneur de Tours, Marcelo Fronckowiak, qui vient de prolonger jusqu'en 2026 avec le TVB, s'est confié juste avant le choc de Ligue des champions contre Civitanova, mercredi soir (20 heures).

« Que représente cette affiche de Ligue des champions contre les Italiens de la Lube Civitanova et Barthélémy Chinenyeze, ce mercredi soir ?
La Lube, c'est une marque mondiale avec (Gianlorenzo) Blengini, un super coach qui était à la tête de l'équipe d'Italie. Cela fait super plaisir de pouvoir se confronter à eux désormais en Ligue des champions après l'année dernière où on a atteint la finale de la CEV (C2). C'est une responsabilité et un honneur au regard de l'histoire du club de Tours. Pour moi, c'est aussi une grande fierté de jouer la C1 car dans l'histoire seuls quatre ou cinq entraîneurs brésiliens ont eu cette chance avant moi.

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Tours est fait pour jouer l'Europe. On a bien démarré mais le match de ce soir (mercredi) s'annonce délicat. Les Italiens ont, comme nous, des soucis de blessure, mais ils ont aussi des jeunes joueurs sur les postes clefs, avec le poids du maillot. Cela n'empêche qu'ils seront hyper agressifs sous la baguette d'un maestro extraordinaire, le passeur argentin De Cecco.

Quels sont vos objectifs dans cette C1 ?
Zeljko Coric, notre capitaine, l'a résumé la semaine passée : il faut passer au deuxième tour pour au moins basculer en Coupe de la CEV. Il y a beaucoup de résultats surprenants en ce moment en Europe. Je pense que c'est lié au fait que les internationaux sont rentrés tard et fatigués du Mondial dans les grands clubs. Pour moi, il faut repenser le calendrier international, qui fatigue énormément les meilleurs. Notre but est évidemment de s'inspirer de ce que nous avons réalisé l'an passé et de l'histoire du TVB.

Comment expliquez-vous d'ailleurs que la saison passée ait autant marqué à Tours alors que, malgré trois finales, vous n'avez rien gagné ?
Cela me surprend agréablement, cela me motive et me donne beaucoup de responsabilités. Il ne faut pas oublier, petite parenthèse, qu'on a quand même été vainqueur de la Coupe de France contre Chaumont pendant trois minutes et je n'arrive toujours pas à comprendre la décision arbitrale qui a inversé cela. Passons. Je ne suis pas un magicien. Je ne suis pas sur le terrain à la place des joueurs et je ne contrôle pas les performances de nos adversaires. Monza en finale de la CEV, après une saison compliquée, a été plus fort que nous... On est ensuite arrivés un peu émoussés sur la fin du Championnat contre Montpellier. On a tout perdu mais je reste fier du parcours et malheureux de l'issue. Cela donne juste l'envie de continuer à bosser.

Vous avez prolongé jusqu'en 2026, un bail longue durée avec le TVB. Pourquoi ?
Cela représente le fait que je me suis vite intégré dans ce club, que je respecte depuis mon arrivée en France, à Tourcoing (de 2004 à 2009). Et je suis ravi de prolonger ici après m'être baladé partout, en Russie, en Italie, en Pologne, au Brésil... Je suis très attaché à la vie française, j'admire votre culture et le volley tricolore. J'ai l'envie de bien faire dans la durée. Tout reste à faire car on n'a pas le droit à l'erreur à Tours (petit sourire). Notre début de saison s'est ainsi avéré très délicat avec l'absence de nombreux joueurs, les blessures des uns et des autres qui nous ont empêchées de jouer des matches amicaux. Nous étions angoissés et sous pression. et du coup l'équipe a commencé à trouver des solutions. Dans ce cas, le poids du maillot a parlé positivement et on s'est fait respecter. J'ai la perception que notre travail est très correct aujourd'hui.

Vous avez un effectif riche, quasi complet avec 13 joueurs. Est-ce simple, au quotidien, à gérer ?
Non. Parce que le but majeur d'un joueur de haut niveau, c'est de jouer. Ils sont sept à être sur le terrain en comptant le libéro. Et les autres ne jouent pas. À l'entraînement, je ne travaille pas avec une équipe type, je fais en sorte que tout le monde joue avec tout le monde. Pendant les matches, on a un système. Je comprends que cela puisse être parfois délicat pour certains joueurs qui jouent peu en ce moment. Mais on a trouvé une certaine stabilité après un début compliqué et, maintenant, il faut l'entretenir. Mais par exemple, l'entrée de Pierre (Derouillon) et de Gary (Chauvin) a fait basculer la fin du deuxième set contre Paris (3-0) en Championnat, tandis qu'Ademar a effectué de beaux passages au service. Cela fait plaisir que même ceux qui ne sont pas titulaires soient capables d'aider et de rentrer. On a et aura besoin de tous. Pour moi, le volley reste le sport le plus collectif qui existe. »

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