Marcelo Luna, le surfeur des Corinthians issu des quartiers pauvres de São Paulo

Marcelo Luna est devenu le premier surfeur sponsorisé par un club de football. (J.M. Idalgo)

Marcelo Luna est devenu le premier surfeur sponsorisé par un club de football : les Corinthians de São Paulo, son club de coeur. Issu des quartiers défavorisés de la ville, le Brésilien de 37 ans est très vite tombé dans la drogue et à l'alcool, avant que le surf ne vienne lui sauver la vie.

Arena Corinthians, 16 avril. Annoncé par le speaker avant le match de Championnat face à Avai, Marcelo Luna, enfant de la ville de São Paulo, est acclamé par les fans du club de football des Corinthians. Devant plus de 40 000 personnes, il est devenu le premier surfeur sponsorisé par un club de football. « Un rêve de gosse, affirme le surfeur brésilien de 37 ans, les yeux encore pétillants. Tout s'est fait très vite. Le directeur technique du club était présent lors d'une de mes interventions avec l'équipe professionnelle. J'intervenais en tant que coach mental. Il était fan de moi et m'a directement proposé de porter les couleurs du club. Je n'y croyais pas. C'est mon club de coeur depuis toujours. »

Tout son équipement est désormais floqué et imprégné du logo du club. Combinaison de surf, jet-ski ou planche de surf, rien n'est laissé au hasard. Pourtant, celui qui porte désormais les couleurs blanches et noires n'était pas destiné à ce parcours.

Une enfance difficile dans les quartiers de São Paulo
Marqué par une enfance difficile, issu d'un quartier pauvre de la ville de São Paulo, Marcelo a été influencé par son père alcoolique. À 11 ans, il touchait déjà à la drogue et à l'alcool. « Personne ne pouvait imaginer que je deviendrais surfeur professionnel, déclare-t-il. Je n'ai pas eu de bonnes conditions pour grandir et pour vivre. J'étais un enfant sur qui personne n'aurait misé une pièce. J'ai combattu la vie pendant toute mon enfance, mais aujourd'hui, je suis fier de cette histoire. C'est ce qui m'a forgé. »

Alors, quand il a découvert le surf à ses 16 ans, il était loin de se douter que ce sport changera toute sa vie. « Je ne savais même pas nager, j'aurais pu mourir. J'avais des notions de surf, car je skatais avec des amis dans mon quartier. Mais une fois que je suis sorti de l'eau, j'ai su que je deviendrais surfeur. » Compétiteur dans l'âme, Marcelo Luna a accepté le défi que l'océan lui a lancé. Et il a tout changé : finis la drogue, la cigarette, l'alcool. Il s'est désormais fixé un objectif : gagner sa vie en surfant.

De livreur de pizza à Nazaré
Pour ce faire, il commence à travailler : livreur de pizza, banquier, il gravit les échelons de la société, au point de créer sa propre entreprise. Pendant plus de 10 ans, il a économisé un maximum d'argent, avant de tout claquer en 2014. « Un petit surfeur brésilien, personne ne veut lui donner de l'argent, encore plus s'il a commencé à 16 ans, et qu'il habite un village où l'océan n'est pas à côté ! Pour réussir ce rêve, j'ai compris que je pouvais et devais me sponsoriser moi-même ! (Rires) ».

En 2014, une vidéo sur Nazaré, spot mythique pour le surf de gros au Portugal, provoque le déclic chez Marcelo Luna. Il n'en faut pas plus pour le Brésilien, qui s'est enfui un an plus tard vers les terres portugaises. Il a alors vendu tous ses biens immobiliers, et même son entreprise. Pour surfer les vagues de la Praia do Norte, désormais également tatouées sur un bras. « Je me suis dit : c'est ça que je veux, c'est mon surf. J'ai tout préparé, et un an plus tard, j'étais là-bas. » À Nazaré la moitié de l'année, Luna a bâti sa carrière sur la vague mythique portugaise. Des performances qui lui ont valu trois WSL Big Wave Awards, le prix couronnant les meilleurs surfeurs de gros de la planète.

Prochaine escale : Teahupoo
À Paris pour terminer l'écriture de son livre retraçant son parcours, Marcelo Luna souhaite montrer au monde qu'il est possible de se bâtir par soi-même. Il souhaite également élargir ses horizons : « Après le livre, j'ai d'autres projets mais je ne peux pas trop vous en dire ! Ce que je peux dire, c'est que je veux surfer Teahupoo (la vague emblématique de Polynésie française, spot des JO de Paris 2024) et qu'un film devrait sortir également. Ce n'est que le début de ma carrière », conclut-il.

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