Comment Marco Quattrini veut reconstruire l'équipe de France de pentathlon

Marco Quattrini a rejoint l'équipe de France au début de l'année. (A. Réau/L'Équipe)

L'Italien Marco Quattrini, ancien coach des Britanniques qui ont raflé les deux médailles d'or à Tokyo, encadre l'équipe de France depuis janvier. Avec l'ambition de briller aux Championnats d'Europe à Budapest cette semaine, mais surtout aux JO de Paris dans deux ans.

Au retour de Tokyo, Marco Quattrini a envisagé une retraite toscane. Le coach italien avait connu cinq années fructueuses en Grande-Bretagne, couronnées par les ors olympiques à Tokyo de Kate French et Joe Choong. « J'ai eu plusieurs propositions mais le projet français est celui qui m'a le plus attiré : c'est une grande équipe et il y avait cet énorme défi des Jeux à la maison. » Alors, début janvier, celui qui avait précédemment dirigé les équipes d'Irlande et d'Italie a posé ses valises à Paris, et complété le nouveau staff de l'équipe de France de pentathlon moderne avec Jean-Maxence Berrou, déjà présent lors de l'olympiade précédente, le spécialiste d'escrime Thomas Dangeon et Cédric Maillard, précédemment au pole espoirs d'Aix-en-Provence.

Une volonté de réunification
« On était dans une phase de reconstruction après les JO, on voulait retrouver l'unité de l'équipe de France, explique le DTN Christian Roudaut. Je connais Marco depuis très longtemps et je pensais qu'il pouvait apporter de la nouveauté, une vision un peu différente de la façon d'entraîner. » À Tokyo, alors que les quatre athlètes engagés (Elodie Clouvel, Marie Oteiza, Valentin Belaud et Valentin Prades) pouvaient viser une médaille, le pentathlon français était reparti bredouille. Après cinq années d'une équipe de France coupée en deux -le couple Clouvel-Belaud avait monté son team et s'entraînait à part, la volonté était à la réunification. Quoi de mieux pour cela qu'un entraîneur à la fois réputé et étranger aux fonctionnements antérieurs ?

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Depuis huit mois, cette nouvelle équipe de France apprend à faire connaissance. « Marco était l'un des premiers à m'avoir félicité quand j'ai été champion du monde en 2019, se souvient Valentin Belaud. C'est un bon manager, il a sa personnalité, du charisme et c'est important quand on est à la tête d'une équipe ». « Avant de venir, je m'intéressais beaucoup aux athlètes français car ils étaient des rivaux, explique l'entraîneur. Je connaissais leurs performances, mais pas leur quotidien. J'essaye de m'adapter, de connaître leur culture, leur façon de fonctionner même si j'ai très peu de temps jusqu'en 2024. »

Une évidence s'est imposée : les leaders de l'équipe de France sont « des athlètes non-jeunes », comme les qualifie Marco Quattrini avec malice. Marie Oteiza (championne d'Europe 2018, de retour dans le relais mixte cette semaine aux Championnats d'Europe après une opération du ménisque) a 28 ans, Elodie Clouvel (médaillée d'argent olympique en 2016) 33 ans, Valentin Belaud (double champion du monde) 29 ans, Valentin Prades (champion d'Europe 2018, absent pour raisons professionnelles à Budapest) 29 ans et Christopher Patte (4e des Championnats du monde en juillet) 32 ans. « Ça modifie forcément les choses, poursuit le coach. Certains sont mariés, ont des enfants, il faut le prendre en compte. La première chose que je me suis dit quand je suis devenu entraîneur, c'est que je ne voulais pas être comme certains de ceux que j'avais eu, un Dieu descendu du ciel, un vieux maître qui vous parle de haut. J'essaye de créer une relation transparente et respectueuse, mais plus amicale. »

« Le mode de management beaucoup plus participatif avec les athlètes, il y a un team meeting toutes les semaines, ce qui n'existait pas auparavant, remarque Christian Roudaut. Les athlètes qui ont démontré des choses ne sont pas des juniors, ils souhaitent pouvoir avoir un avis et le partager, ça a été une réussite de ce début de saison. » La saison post-olympique, qui s'achève cette semaine à Budapest a été jalonnée par des coups d'éclat (la victoire d'Élodie Clouvel en finale de Coupe du monde en juin, l'or mondial par équipe hommes) et les frustrations (quatrièmes places aux Mondiaux en juillet pour Clouvel, Patte et le relais mixte). « Il y a une vraie émulation dans cette équipe, avec les bons résultats des juniors avec qui on s'entraîne, l'expertise apportée pour les nouveaux entraîneurs, analyse Elodie Clouvel. Ça va être du solide pour la suite. »

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